Un ancien magistrat à l'assaut du SMD3
Daniel Gruntz, élu de Bergerac et ancien magistrat à la Chambre régionale des comptes, a fait une entrée remarquée au Syndicat départemental des déchets de la Dordogne (SMD3) en contestant l'élection de son président, Pascal Protano. Il explique ses ambitions et les raisons de son recours devant le tribunal administratif.
Un parcours au service de la gestion publique
Daniel Gruntz se présente comme un retraité installé en Dordogne depuis quatre ans. Élu à Bergerac dans la nouvelle majorité, il s'est vu confier le dossier des déchets pendant la campagne municipale et continue de s'en occuper. Fort de son expérience à la tête d'un syndicat similaire près de la frontière suisse, il connaît bien les enjeux financiers : le SMD3 gère un budget annuel de 85 millions d'euros, soit deux fois celui de la ville de Bergerac.
Une candidature surprise à la présidence
Le 12 mai dernier, Daniel Gruntz a présenté sa candidature à la présidence du SMD3. Son objectif : fédérer le grand Bergeracois pour créer une majorité d'alternance. Mais le temps a manqué pour convaincre les délégués. Convoqué à l'inauguration du centre de tri le 7 mai, il a assisté à des discours louant le président sortant et la société Paprec, en présence de la préfète. Cinq jours plus tard, lors du premier Comité syndical pour l'élection du président, il n'a obtenu que 10 voix contre 35.
Un recours pour transparence et équité
Daniel Gruntz a déposé un recours devant le tribunal administratif, invoquant deux griefs : l'inauguration du centre de tri avant l'élection, qu'il estime partiale, et le manque de neutralité de la préfète. Il espère ainsi pouvoir mener une véritable campagne et convaincre les autres délégués de la nécessité d'un changement. "En finir avec cette gestion à la papa, où rien n'est transparent. Et surtout écouter les gens", déclare-t-il.
Les critiques contre la gestion actuelle
Il s'appuie sur un rapport de la Chambre régionale des comptes, commandé par des usagers mécontents, qui pointe des dysfonctionnements. Selon lui, le SMD3 n'a pas tenu compte de ce rapport. La redevance incitative pénalise les familles, les ruraux et les plus modestes, sans être réellement incitative. Elle a été reconduite pour 2026 malgré son impopularité. Il dénonce également un gaspillage des fonds publics : des pénalités de retard non appliquées sur les marchés de camions et conteneurs, des augmentations de tarifs injustifiées, et des mauvais choix de gestion. "Si je dois reprendre ma casquette de magistrat, je mets un zéro pointé", affirme-t-il.
Les propositions pour un changement
Daniel Gruntz propose plusieurs mesures s'il devenait président du SMD3 :
- Changer la tarification dès 2027, avec une étude déjà prête à être testée.
- Rendre obligatoire la consultation des usagers avant toute décision.
- Développer la collecte des biodéchets vers les méthaniseurs pour produire du biogaz, ce qui réduirait de moitié les déchets enfouis et la taxe générale sur les activités polluantes.
- Arrêter la course aux investissements les plus coûteux. Il rappelle que 50 millions d'euros ont déjà été dépensés en conteneurs et camions, et autant pour le centre de tri.
La réponse de Pascal Protano
Le président du SMD3, Pascal Protano, a répondu aux critiques de son opposant. Sur l'élection, il estime que le recours n'a pas de fondement : "Son recours, c'est du vent, il n'y a rien qui tienne la route." Il précise avoir attendu la fin de la période de réserve des élections municipales et que l'inauguration du centre était nécessaire après cinq ans de travail. Quant au rapport de la Chambre régionale des comptes, il affirme qu'aucune irrégularité n'a été relevée et que la redevance incitative a été votée à l'unanimité des élus. Enfin, il qualifie Daniel Gruntz d'opposant cherchant à faire le buzz : "Il veut juste se faire un nom."



