Jusqu'ici, tout va bien. Alors que la guerre en Iran et la crise internationale de l'énergie ont débuté depuis plus de deux mois maintenant, la crainte d'une flambée générale des prix dans les rayons de nos supermarchés ne s'est pour l'heure pas concrétisée. Bien sûr, le carburant flambe — en avril, les prix de l'énergie ont encore bondi de 14,3 % sur un an selon l'Insee. Mais, toujours selon cet organisme, les prix de l'alimentation ont ralenti, passant de + 1,8 % en mars à + 1,2 % le mois dernier.
Des négociations annuelles qui masquent les tensions
« Il faut y voir notamment l'effet des négociations tarifaires annuelles entre industriels et distributeurs, qui se sont achevées fin février et qui ont acté des baisses sur des produits qui flambaient auparavant, comme le chocolat ou le café », décrypte Emily Mayer, directrice des études à l'Institut Circana. À bas bruit, pourtant, tous les mécanismes d'une possible poussée de l'inflation se mettent actuellement en place.
L'été, moment charnière pour l'inflation
« C'est cet été que tout va se jouer, et que l'on verra probablement les conséquences de cette crise », poursuit l'experte. Les coûts de production des industriels ont bondi, notamment ceux liés à l'énergie et au transport, et ils tentent désormais de répercuter cette facture sur la grande distribution. Si les négociations de février ont permis de temporiser, les prochains mois pourraient voir une hausse des prix dans les rayons, touchant l'épicerie, la crémerie, la boucherie ou encore les aliments pour animaux.
Les consommateurs, déjà affectés par la hausse du carburant, pourraient donc voir leur pouvoir d'achat diminuer davantage. Les experts appellent à la vigilance et recommandent de comparer les prix et de privilégier les produits de saison pour limiter l'impact.



