Alors que les prix des carburants atteignent des records en France, certains automobilistes ont trouvé une alternative pour réduire leur facture : utiliser de l'huile de colza ou de l'huile de friture. Cette pratique, bien que non réglementaire, permet d'économiser environ 70 centimes par litre.
Des prix records à la pompe
Ce mercredi 9 septembre, les prix des carburants ont atteint un niveau historique en France. Selon nos confrères de l'Agence Radio France, le litre de gazole s'établit en moyenne à 2,29 euros, tandis que le SP95-E10 coûte 2,12 euros. Ces tarifs records sont dus aux tensions au Moyen-Orient.
Face à cette hausse, certains conducteurs ont décidé de contourner le problème. Lucas, un automobiliste de Dijon, a expliqué à France 3 Bourgogne Franche-Comté qu'il remplit son réservoir avec de l'huile de colza, dont le litre coûte actuellement 1,45 euro. "Je n'ai aucun problème, elle (la voiture) ne fume pas, elle ne consomme pas plus. La seule différence que je vois, c'est l'économie que je fais dans mes poches", a-t-il confié.
Une technique éprouvée mais illégale
Lucas utilise cette technique depuis deux ans. Il ne fait pas un plein entier avec de l'huile de colza et précise que son moteur est "équipé d'une pompe à injecteur Bosch" pour éviter tout problème. Il économise ainsi 70 centimes par litre par rapport au gazole.
Marie, une autre habitante de la région, privilégie l'huile usagée de friture, qu'elle récupère "chez les restaurateurs, les food-trucks" et auprès d'associations. Cependant, cette huile nécessite une préparation particulière : "Il faut la décanter et la filtrer avec différents procédés. Il faut être méthodique, ce n'est pas de l'eau, on peut en mettre partout", a-t-elle expliqué. Elle ajoute avec humour : "Les gens qui roulent derrière moi peuvent sentir la frite ou les nems."
Des risques juridiques
Cette pratique est interdite. Rouler avec un carburant non réglementaire est passible d'une amende de 135 euros. Lucas en est conscient, mais il estime que les risques de contrôle sont faibles : "Il faudrait que les douaniers arrêtent les voitures, prennent une pipette pour analyser ce qu'il y a dans le réservoir et envoient ça au laboratoire. Franchement, ils ont autre chose à faire", a-t-il déclaré.
Malgré ces risques, l'économie réalisée est significative pour les automobilistes concernés. À l'heure où le prix du carburant pèse lourdement sur le budget des ménages, cette alternative, bien que non conforme, séduit de plus en plus.



