Canoës Le Moulin : la fermeture en plein été, le gérant raconte
Canoës Le Moulin : le gérant explique la fermeture estivale

La base de canoë Le Moulin, située à Saint-Bauzille-de-Putois, a cessé son activité fin juillet après un contrôle des services de l’État. Un défaut d’assurance de responsabilité civile professionnelle a été relevé. Le gérant, Eric Sancery, explique la succession d’événements qui ont conduit à cet épilogue qu’il juge injuste.

Une institution contrainte à la fermeture

« Le Moulin est une institution qui a fait naviguer des dizaines de milliers de Montpelliérains sur l’Hérault. Nous n’avons jamais eu d’accidentologie sévère », déclare Eric Sancery. Le gérant raconte comment ce fleuron du tourisme héraultais en est arrivé là. « Nous avons réalisé le problème au moment d’aborder la saison. Notre assureur nous a radiés en janvier dernier. Mais nous avons raté leurs courriers après avoir vendu une SCI qui nous servait de QG. »

Des difficultés financières accumulées

Plusieurs événements ont plongé la SARL Délivrance dans une série de difficultés. Placée en redressement judiciaire en 2016, l’entreprise en était sortie en mars 2025, comme le confirme le commissaire à l’exécution du plan. La période post-Covid puis la rupture du barrage de Laroque en 2024 ont été des coups durs. « On a perdu 30 % de chiffre d’affaires à chacun des deux épisodes, explique Eric Sancery. On a dû fermer avec cette brèche de 3 mètres sur la glissière qui a généré un siphon et rendu la navigation impraticable. On n’a reçu aucune compensation. Notre but était de nous relancer cette saison. On a mené une bagarre incroyable ! »

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Impossible de trouver une nouvelle assurance

Le loueur de canoës a bien essayé de s’assurer ailleurs. « Toutes les assurances nous ont refusés au motif que nous étions en redressement judiciaire. Or, à ce moment-là, on en était sorti », explique-t-il, preuves à l’appui. Résultat : « La société va être liquidée alors qu’on aurait pu la sauver. » Il poursuit : « Devant les refus des compagnies d’assurances, nous avons confié à un cabinet de courtage le soin d’établir un contrat de sous-traitance ou d’assuré additionnel, qui aurait permis d’assurer en toute conformité la poursuite de l’activité. Dans l’intervalle, nous avions convenu qu’en cas de sinistre Canoë Cévennes couvrirait Canoë Le Moulin, dans le cadre du contrat de coproduction, et en rappelant que la RCP de Délivrance-CLM n’a jamais été mise en œuvre depuis 2001. Malheureusement, une dénonciation ciblée nous a empêchés d’aboutir, et aucune discussion n’a été possible avec les autorités. »

Une fermeture définitive ?

Lundi, Thibaut Félix, directeur de cabinet du préfet, expliquait que « ce manquement grave à la législation a conduit à cette fermeture d’urgence, ce n’est pas une sanction. Elle peut être levée si les conditions sont réunies. » Il semble pourtant que cela soit trop tard. « On sort par la petite porte », déplore le gérant, qui a aussi porté plainte cet hiver après le vol de remorques, d’outillage et de 150 canoës. « Après 25 ans de run sur l’Hérault, on sort par la petite porte. La loi stricto sensu nous broie au lieu de nous guider. » Adepte de kung-fu, il conclut : « Je continue le sport tous les jours, ça m’équilibre, je crois que ça me sauve. »

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