Canicule : des locataires lancent une pétition « Pas de volets, pas de loyer »
Canicule : pétition « Pas de volets, pas de loyer »

Alors qu'une vague de chaleur historique vient de frapper la France, la tension sociale monte autour du confort d'été. Soutenu par l'association Droit au logement (DAL), un collectif citoyen a lancé la pétition coup de poing « Pas de volets, pas de loyer » pour réclamer le droit de suspendre le paiement des loyers dans les appartements surchauffés. Une initiative forte qui se heurte toutefois à un cadre juridique national inflexible.

Un bilan sanitaire lourd

L'été 2026 s'ouvre sous une tension sociale et environnementale extrême. Une canicule historique a propulsé le thermomètre au-delà des 40 °C en journée et maintenu des nuits étouffantes à plus de 26 °C à Paris et 27 °C à Bordeaux. Les premiers bilans de Santé publique France font état d'une surmortalité d'environ 1 000 décès au niveau national, avec une hausse inquiétante des morts à domicile. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle qu'un logement dont la température dépasse 24 °C la nuit entraîne une augmentation immédiate des risques d'hospitalisation.

Les chiffres officiels soulignent l'ampleur de la crise : 66 % des Français déclarent souffrir de la chaleur chez eux, et un logement sur deux est désormais qualifié de bouilloire thermique. Cette réalité frappe en priorité les locataires des petits espaces et les habitants des quartiers populaires, contraints parfois d'installer des couvertures de survie aux fenêtres ou de dormir sur leur balcon pour survivre.

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Offensive contre le projet de loi du gouvernement

Face à cette situation jugée indigne, les signataires de la pétition exigent l'installation obligatoire d'équipements de base, comme des stores extérieurs, des volets en bois ou des brasseurs d'air. Le collectif demande l'intégration immédiate des mesures de la proposition de loi transpartisane « Zéro Logement Bouilloire » dans le prochain texte législatif du gouvernement sur le logement, qui sera examiné au Sénat à partir du 7 juillet 2026.

Les militants s'opposent frontalement au projet de loi actuel de l'exécutif, qui prévoit d'assouplir le calendrier des passoires thermiques en autorisant la remise sur le marché de 700 000 logements énergivores, en contrepartie d'un simple engagement du propriétaire à réaliser des travaux d'ici 3 à 5 ans. Une régression intolérable pour les auteurs du texte, qui appellent à une mobilisation solidaire et invitent les internautes à rejoindre un mouvement de grève des loyers.

Une grève unilatérale strictement interdite

Si l'initiative citoyenne rencontre un succès relatif sur la plateforme Change.org, elle se heurte à un cadre juridique national inflexible. Le site service-public.gouv.fr rappelle qu'un locataire ne peut en aucun cas décider seul de suspendre le versement de son loyer, sous peine de poursuites judiciaires et d'une procédure d'expulsion. Même si le propriétaire refuse de réaliser des aménagements ou que l'appartement est insalubre, l'obligation de paiement reste totale pendant toute la durée du bail.

Seul un juge, saisi dans le cadre d'un litige formel, dispose du pouvoir d'ordonner le blocage temporaire ou la mise sous séquestre des loyers. Pour l'heure, le droit français ne fixe toujours aucun seuil de température maximale au-delà duquel un logement perd sa qualification de « décent », maintenant le flou juridique autour de la reconnaissance d'un véritable droit au logement vivable en été.

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