La saison touristique 2026 dans l'Hérault et le Gard s'achève sur un bilan mitigé pour les restaurants, en particulier ceux du littoral. Les professionnels pointent une fréquentation globalement en baisse, malgré un rebond en août, et des clients « plus regardants » sur leurs dépenses. Canicule, pouvoir d'achat en berne et prix jugés excessifs sont les principaux facteurs évoqués.
Une fréquentation en baisse, surtout en juillet
Philippe Hérimian, à la tête du restaurant « La cachette de Mamé » au Grau-du-Roi (Gard), résume la situation : « On a tout eu cette année, la canicule, le manque d'argent et même la nouvelle mairie qui veut nous supprimer notre terrasse sur le canal ». Il constate qu'en juillet, « il n'y a eu personne » et qu'en août, « on a quand même un peu travaillé ».
Les chiffres confirment cette tendance. Au Cap-d'Agde (Hérault), le nombre de nuitées a chuté de 9 % par rapport à juillet 2025, avec une baisse de 15 % de la clientèle française. À Béziers, l'office de tourisme enregistre un taux de fréquentation des hébergements de 67 %, un niveau faible, même s'il est comparable à celui de 2025. À la brasserie « Les Trois Six », le gérant reconnaît un bilan estival « horrible ».
Des clients plus prudents et des prix contestés
La clientèle est « plus regardante », selon le patron de « Chez Crépin » à Béziers, qui estime « que les gens ont l'impression d'avoir de moins en moins d'argent dans le portefeuille ». Serge Chenet, président de l'association « Gard aux chefs » et patron du restaurant et hôtel « Entre vigne et garrigue » à Pujaut (Gard), appuie : « Il est évident qu'il y a moins de dépenses. On a commencé le mois d'août sans réservation, tant au restaurant qu'à l'hôtel. On s'aperçoit que ça travaille au jour le jour ». Il ajoute : « avant, on affichait complet une semaine à l'avance ».
Les prix pratiqués, surtout sur le littoral, sont souvent jugés trop élevés. Dans un restaurant de Vias (Hérault), un dessert est affiché à 9,90 euros, et une glace deux boules avec chantilly est facturée 9,40 euros, soit près de 62 francs, un montant impensable à l'époque du franc. Une responsable de l'office de tourisme de Montpellier observe : « Beaucoup ne se remettent pas en question », tout en reconnaissant que les restaurateurs arguent de charges trop élevées.
La nécessité de séduire une clientèle de proximité
Face à ces difficultés, certains professionnels appellent à un changement de modèle. Serge Chenet prévient : « Celui qui n'a pas de clientèle locale va connaître des difficultés. Il faut passer à travers les gouttes et, surtout, soigner sa clientèle ». Clément Mengus, directeur général de Château & Village Castigno à Assignan (Hérault), qui dispose de deux restaurants sur le site, estime qu'un « restaurant doit être une destination, avec une offre différente ». Il ajoute : « Les gens viennent vivre une expérience, une carte sans âme à des prix surévalués, ça ne marche plus ».
Jean-François Pouget, directeur général d'Hérault Tourisme, souligne que « le restaurant reste un élément marquant d'une certaine forme d'art de vivre, mais on n'y va plus comme avant ». Il confirme l'importance de la proximité : « La proximité s'impose. Aujourd'hui, 30 % des vacanciers restent dans la région, contre 25 % auparavant ». Pourtant, certains restaurateurs gardent encore « le logiciel du client touriste », d'où des critiques récurrentes sur la qualité du service et de l'accueil, surtout en bord de mer.
Un bilan contrasté pour la saison 2026
Alors que les vacances d'été 2026 tirent à leur fin, la saison ne restera sans doute pas dans les mémoires. Les restaurateurs de l'Hérault et du Gard, confrontés à une baisse de fréquentation et à des clients plus prudents, devront s'adapter pour attirer une clientèle locale et de proximité. Selon Serge Chenet, « il faut passer à travers les gouttes et, surtout, soigner sa clientèle », un défi pour ceux qui n'ont pas encore revu leur approche.



