Dans la Roya, des femmes apprennent le vélo pour gagner en autonomie
À Breil-sur-Roya, des femmes s'initient au vélo pour l'autonomie

Dans la vallée de la Roya, une initiative originale permet à des femmes de découvrir le vélo à l'âge adulte. Portés par Mobicoop, ces ateliers se déroulent à Breil-sur-Roya et rassemblent une dizaine de femmes, demandeuses d'asile suivies par l'association ACTES ou compagnes d'Emmaüs Roya. L'objectif est de leur offrir un moyen de déplacement accessible et de renforcer leur autonomie.

Un constat de terrain

Giulia Fiscato, conseillère en mobilité durable et inclusive chez Mobicoop, explique l'origine du projet : « Dans le cadre de la permanence mobilité que j'anime depuis deux ans et demi dans la Roya, j'ai rencontré plusieurs personnes, des demandeuses d'asile et des compagnes d'Emmaüs Roya. Je me suis aperçue que beaucoup de femmes ne savaient pas faire du vélo. » L'an dernier, une première initiation avait été lancée avec des bénévoles. Cette année, l'idée s'est transformée en projet avec la mise en place d'une vélo-école à Breil-sur-Roya, financée par l'association Roya citoyenne et encadrée par Philippe Demaria.

Des ateliers sur mesure

Le principe est simple : quatre rencontres de trois heures environ pour apprendre les bases. Deux séances ont déjà eu lieu, et deux autres suivront en juillet. Les participantes, âgées de 20 à 40 ans, progressent ensemble dans une ambiance bienveillante. « Quand on est adulte, on n'a pas la même souplesse mentale et physique qu'un enfant. On a plus souvent peur : peur de perdre l'équilibre, de tomber… Donc on essaie de les mettre un maximum en confiance », souligne Giulia Fiscato. Pour cela, l'encadrement utilise des vélos plus petits, permettant aux femmes de garder les pieds au sol, ce qui les rassure.

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Au-delà de l'apprentissage

L'enjeu dépasse la simple maîtrise du vélo. Il s'agit de gagner en autonomie, en mobilité et en inclusion. « Le vélo est un mode de déplacement accessible financièrement et qui donne beaucoup de liberté », résume la conseillère. La dynamique collective joue un rôle clé : dès qu'une participante réussit à pédaler, une joie collective s'empare du groupe. « Ça semble un jeu d'enfant de l'extérieur, mais c'est parce qu'on a oublié combien de temps ça nous a pris pour apprendre quand on était petit », ajoute-t-elle.

Une question de genre

Ce projet s'inscrit dans une réflexion plus large sur l'accès des femmes au vélo. « Dans certaines cultures, ce n'est pas considéré comme très féminin », observe Giulia Fiscato. En Europe, la pratique reste loin de la parité : selon la Fédération française des usagères et usagers de la bicyclette, les femmes ne représentent que 35 % des cyclistes du quotidien. À l'échelle internationale, la fédération européenne des cyclistes souligne que les femmes sont deux fois moins susceptibles d'aller travailler à vélo. L'initiative vise donc à montrer aux participantes qu'elles en sont capables, à les sortir de leur zone de confort et à créer du lien social.

Perspectives d'avenir

Après l'été, Mobicoop évaluera les besoins restants. La porte reste ouverte, pas uniquement pour les femmes. « Beaucoup de personnes qui ont perdu confiance à vélo peuvent avoir envie de se remettre en selle pour les petits trajets ou le loisir. On peut leur réapprendre », conclut Giulia Fiscato.

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