Réseaux sociaux : des parents bordelais en quête de solutions pour leurs ados
À Bordeaux, des parents cherchent des solutions pour les ados sur les réseaux

Pour beaucoup de parents d'adolescents, les réseaux sociaux représentent un véritable casse-tête quotidien. Entre inquiétudes et manque de recul, établir des règles claires s'avère difficile. À Bordeaux, certains ont cherché des solutions lors d'un atelier organisé par Meta.

Un accès précoce aux réseaux sociaux

Alors que la France débat d'une éventuelle suspension des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, la réalité est tout autre. Selon le dernier baromètre de l'association E-Enfance, 65 % des enfants en primaire ont déjà accès à un réseau social. Au collège, ils sont 90 % et y passent en moyenne 1 heure 47 par jour sur Instagram, TikTok, Snapchat ou WhatsApp.

La pression sociale, un facteur déterminant

Anne-Charlotte, mère d'une adolescente de 13 ans, témoigne de la pression sociale : « Nous souhaitions que notre fille ait un smartphone le plus tard possible, mais c'est compliqué car tous ses camarades étaient équipés dès la sixième. Après beaucoup de discussions, nous avons réalisé que cela la mettait en souffrance de ne pas être comme les autres. » Créatrice de contenus, elle s'inquiète aussi des messages véhiculés : « On voit la montée des contenus masculinistes chez les garçons, les problèmes de santé mentale et les troubles alimentaires chez les femmes. » Pour l'instant, sa fille n'a accès qu'au groupe WhatsApp de la classe, une heure par jour.

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Des limites difficiles à poser

Pour Caroline, mère d'un garçon de 12 ans, poser des limites est encore plus complexe. Malgré une certaine tolérance et un accompagnement, elle a découvert que son fils s'était créé un compte en cachette et se connectait la nuit sur les appareils familiaux, même lorsque son téléphone était confisqué. « Quoi que l'on fasse, ils trouvent toujours un moyen de contourner les règles », regrette-t-elle.

Alice, mère de trois adolescents, confie : « On se sent parfois comme des extraterrestres à être aussi regardants. Venir à un événement comme aujourd'hui me rassure, je me dis qu'on n'est pas seuls à s'inquiéter et à tâtonner. » Beaucoup de parents disent manquer de repères et d'accompagnement. Anne-Charlotte ajoute : « On échange entre parents, mais on essuie les plâtres sur notre génération, car on ne peut pas demander conseil à nos propres parents. »

Limiter sans interdire

En attendant un éventuel durcissement de la législation, les plateformes tentent de rassurer. Meta met en avant ses nouveaux « comptes ados » avec des paramètres de protection renforcés : limite de temps, censure de contenus sensibles, transparence des algorithmes. Marine, mère de deux filles de 11 et 13 ans, ignorait leur existence : « Ça devrait être connu de tous les parents. »

Alison Cavaillé, créatrice de contenus et mère de trois enfants, partage son choix d'un contrôle parental strict : navigateur bloqué, réseaux sociaux interdits, applications soumises à autorisation, temps d'écran limité. Mais elle ne veut pas diaboliser les plateformes : « Je ne veux pas la couper du monde, ni lui dire que c'est un endroit interdit ou dangereux, car c'est aussi un formidable outil de création. Elle y aura accès quand elle aura l'âge et saura s'en servir. »

L'équilibre avant tout

Nathalie, mère inquiète d'un adolescent de 15 ans qui passait beaucoup de temps sur les réseaux et les jeux vidéo, a été rassurée par un psychologue : « Il m'a dit : votre enfant va très bien, oui il passe du temps sur les écrans, mais il sort aussi, fait du sport, a une vie bien remplie. » Dans un environnement numérique en constante évolution, parents et enfants doivent se faire confiance et apprendre ensemble à fixer les règles du jeu.

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