L'Autorité des marchés financiers (AMF) a publié le 19 août 2026 un avertissement officiel concernant Bitkeltrade, une plateforme de trading en ligne frauduleuse qui usurpe l'identité de plusieurs médias français, dont Le Monde, pour gagner la confiance des internautes. Cette mise en garde intervient après la découverte de publicités trompeuses diffusées sur les réseaux sociaux, promettant des rendements exceptionnels grâce à des investissements dans les cryptoactifs.
Une usurpation d'identité médiatique sophistiquée
Selon le communiqué de l'AMF, Bitkeltrade utilise des techniques avancées d'usurpation d'identité. La plateforme reproduit notamment les logos, la charte graphique et les noms de médias reconnus tels que Le Monde, BFM Business ou encore Capital. Les publicités frauduleuses, souvent sponsorisées sur Facebook et Instagram, renvoient vers des articles falsifiés qui imitent le style journalistique de ces titres. Ces contenus fictifs mettent en scène de fausses interviews de personnalités politiques ou économiques pour vanter les mérites de Bitkeltrade.
L'AMF précise que ces publicités affichent des promesses de gains « garantis » et « sans risque », allant jusqu'à 2 000 euros par jour pour un investissement initial de 250 euros. Ces allégations sont totalement infondées et constituent des signaux d'alerte typiques des arnaques financières en ligne.
Des méthodes d'escroquerie rodées
Le régulateur des marchés détaille le mode opératoire de Bitkeltrade. Une fois que l'internaute clique sur la publicité et remplit un formulaire de contact, il est rappelé par un faux conseiller financier qui le presse d'effectuer un dépôt initial. La plateforme exige des virements bancaires ou des dépôts en cryptomonnaies, principalement en Bitcoin. Les victimes rapportent que, après quelques jours de trading simulé affichant des profits fictifs, toute tentative de retrait des fonds est bloquée. Le faux conseiller devient alors injoignable, et la plateforme disparaît du jour au lendemain.
L'AMF indique avoir reçu plus de 150 signalements de particuliers depuis le début de l'année 2026 concernant Bitkeltrade. Les montants perdus varient de 500 à 50 000 euros par victime, pour un préjudice total estimé à plusieurs millions d'euros. L'autorité souligne que ces escroqueries prospèrent grâce à l'utilisation de technologies de clonage de sites web et de numéros de téléphone virtuels, rendant leur traçabilité difficile.
Les recommandations de l'AMF face à cette fraude
Face à cette menace, l'AMF rappelle plusieurs règles de prudence élémentaires. Elle recommande de toujours vérifier l'existence d'un prestataire de services sur cryptoactifs (PSAN) agréé via son registre officiel, accessible sur son site. L'autorité insiste sur le fait qu'aucune plateforme légitime ne garantit des rendements fixes ou sans risque, et que toute offre trop belle pour être vraie doit éveiller les soupçons.
L'AMF conseille également de ne jamais cliquer sur des publicités financières diffusées sur les réseaux sociaux sans avoir préalablement consulté les listes noires publiées par l'autorité. Elle met à jour régulièrement sa liste noire des sites frauduleux, qui compte désormais plus de 1 200 entrées. En cas de doute, l'AMF invite les particuliers à contacter son service Épargne Info Service au 01 53 45 62 00.
Les démarches pour les victimes de Bitkeltrade
Les personnes ayant déjà effectué un dépôt sur Bitkeltrade sont invitées à porter plainte auprès du commissariat ou de la gendarmerie la plus proche, en fournissant l'ensemble des justificatifs (captures d'écran, relevés bancaires, historique des échanges). L'AMF précise qu'elle transmet systématiquement les signalements au parquet de Paris, qui a ouvert une enquête préliminaire pour escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux, et usurpation d'identité. Les victimes peuvent également se signaler sur la plateforme PHAROS du ministère de l'Intérieur pour contribuer à l'identification des réseaux criminels. Le régulateur rappelle que la récupération des fonds est rare, mais que la coopération des victimes est essentielle pour démanteler ces filières.



