Aytré : des riverains excédés par le broyage des déchets métalliques d'Alstom
Aytré : riverains excédés par le broyage des déchets d'Alstom

Des vibrations quotidiennes insupportables

Depuis deux ans, le broyage des déchets métalliques perturbe la vie des riverains d'Alstom à Aytré, près de La Rochelle. Excédés par les vibrations, ils dénoncent un calvaire quotidien. Corinne Curial et sa fille Luna, qui habitent rue Salvador-Allende, juste en face de l'usine, témoignent de leur ras-le-bol. « Je fuirai pour ma retraite dans six ans, je ne resterai pas là si les bruits ne cessent pas », déclare Corinne. Avec sa mère Chantal, elle a reçu le journal local pour déplorer le bruit du compactage des métaux, qui dure depuis deux ans, matin et soir, de l'autre côté de la rue.

Selon Alstom, les opérations de broyage ont lieu strictement du lundi au vendredi, de 7h30 à 12h et de 13h à 18h. Seule la largeur de la rue sépare les bennes de déchets des premières habitations. « L'hiver, il y a toujours les vibrations et nous sommes à l'intérieur. L'été, c'est impossible de se parler entre nous dans le jardin », décrit Chantal, qui a écrit à l'usine en 2024 pour exprimer son mécontentement. « Nous perdons patience », ajoute-t-elle, redoutant « un troisième été à ne pas pouvoir profiter du jardin ».

Actions de protestation en vue

La famille prévoit de lancer une pétition auprès des voisins, de déposer une main courante et d'installer des banderoles sur son mur extérieur pour signaler son exaspération. « L'usine est là, ce n'est pas le problème et nous savons tout ce qu'elle a apporté à Aytré. Notre souci, c'est vraiment le broyage des déchets », insistent-ils. Les vibrations sont si fortes que des cadres accrochés aux murs tombent, donnant l'impression d'un tremblement de terre.

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Alstom se défend

La direction de la communication de l'usine souligne que l'emplacement de la benne à déchets a été conçu dès l'origine avec des murs antibruit de 4 mètres de haut pour limiter les nuisances sonores. Cependant, ces murs ne suffiraient pas à couvrir le bruit, selon la famille. « À la suite des retours des riverains, des actions ont été mises en place. Des mesures acoustiques réalisées le 6 novembre 2024 ont montré que la moyenne des niveaux sonores relevés est conforme à la réglementation en vigueur », indique le service communication.

Corinne Curial conteste ces tests : « Là où ça coince, c'est que, pour moi, il n'y avait pas eu le vacarme habituel ce jour-là. C'est comme s'il n'y avait pas eu de travaux de la journée. » Le dialogue est aujourd'hui au point mort. L'usine tend pourtant la main pour qu'il reprenne, affirmant rester attentive aux préoccupations des riverains. De leur côté, les habitants veulent « trouver une solution », mais quitter leur domicile, où Chantal vit depuis plus de trente ans et Corinne plus de vingt ans, se ferait « à contrecœur ».

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