Deux cambriolages ciblés en Seine-et-Marne
En moins de cinq minutes, des voleurs ont dérobé pour près de 50 000 euros de télécommandes de grues dans deux entreprises de transport de Seine-et-Marne. Les faits se sont déroulés à Émerainville et près de Villeparisis, dans la nuit du 17 au 18 mai puis du 19 au 20 mai 2026. Ces télécommandes, qui permettent de piloter les grues installées à l'arrière des poids lourds, valent entre 5 000 et 7 000 euros pièce. Leur vol immobilise immédiatement les camions concernés, le temps de commander et de paramétrer de nouveaux modèles.
Un mode opératoire précis et rapide
Dans la première affaire, à Émerainville, les malfaiteurs ont découpé le grillage de l'enceinte de Fraikin France avant de briser les vitres de trois camions pour s'emparer des commandes. Ils ont pris soin de neutraliser les caméras de vidéosurveillance, y compris une caméra municipale. « Les voleurs savaient exactement ce qu'ils voulaient », témoigne un responsable de l'entreprise. Le préjudice matériel s'élève à environ 21 000 euros pour les trois télécommandes, sans compter l'immobilisation des véhicules.
Deux jours plus tard, dans une commune proche de Villeparisis, le scénario se répète. Les voleurs, visiblement bien renseignés, arrivent par un champ situé derrière l'entreprise, visible depuis l'autoroute A104. Deux hommes escaladent le grillage tandis qu'un troisième fait le guet. La scène, filmée par les caméras de surveillance, dure seulement cinq minutes. « Les voleurs savaient ce qu'ils allaient trouver », déplore le dirigeant de la société. Ils repartent avec sept télécommandes, mais en abandonnent deux lors de leur fuite, surpris par le gardien armé d'un bâton.
Des conséquences lourdes pour les transporteurs
Au total, huit télécommandes ont été dérobées, immobilisant cinq camions. Chaque télécommande coûte entre 5 000 et 6 000 euros, et leur remplacement nécessite plusieurs jours : 72 heures pour la livraison, puis une semaine pour le paramétrage. « En attendant, les camions sont inutilisables », confie un transporteur. Le préjudice dépasse largement la valeur du matériel volé, car les véhicules à l'arrêt entraînent une perte de chiffre d'affaires.
Le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a confirmé l'ouverture d'une enquête pour vol par effraction. Il précise que « on ne peut naturellement pas ne pas faire un rapprochement » entre les deux affaires. Les entreprises victimes envisagent de renforcer leur sécurité, notamment par l'installation de coffres-forts pour les télécommandes et l'amélioration des alarmes.
Des vols en hausse dans le secteur
Ces cambriolages s'inscrivent dans une tendance plus large de vols ciblés dans le transport et le BTP. Récemment, des vols de gazole et d'équipements divers ont été signalés. « Depuis quelque temps, ils viennent piquer de tout », explique un responsable. Les télécommandes de grues, très spécifiques, sont devenues une cible prisée en raison de leur valeur élevée et de la vulnérabilité des sites de stationnement.



