Un désamour historique pour le Livret A
Au mois d'avril 2026, les Français ont continué de puiser dans leurs Livrets A, préférant d'autres produits d'épargne plus rémunérateurs. Selon la Caisse des dépôts (CDC), l'encours a reculé de 1,28 milliard d'euros, enregistrant le quatrième mois consécutif de baisse. Il s'agit du pire mois d'avril depuis que la CDC collecte ces données, en 2009. Malgré cela, la somme totale déposée sur les quelque 58 millions de Livrets A reste conséquente, à 445,2 milliards d'euros.
5 milliards d'euros retirés du LDDS et du Livret A
Les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS), dont le taux est identique à celui du Livret A (1,5 % depuis février), ont également souffert : les retraits ont excédé les dépôts de 250 millions d'euros. L'encours à fin avril s'établit à 165 milliards d'euros. Au total, près de cinq milliards d'euros se sont évaporés de ces deux produits d'épargne réglementée depuis le début de l'année, un montant record en 18 ans. Cette désaffection s'explique principalement par la faiblesse de leur taux de rémunération, divisé par deux en à peine un an.
L'assurance vie profite de la baisse
Cette baisse profite à l'assurance vie, produit concurrent commercialisé par les établissements bancaires et les compagnies d'assurances. Les sommes déposées sur les Livrets A et les LDDS sont traditionnellement destinées au financement du logement social et à la politique de la ville. Cependant, la diversification des investissements promue par la Caisse des dépôts, notamment vers le financement prochain de six nouveaux réacteurs nucléaires, suscite le débat.
Vers une hausse du taux à l'approche de l'été ?
Si la désaffection est aujourd'hui de mise, le Livret A pourrait reprendre des couleurs à l'été à la faveur d'une probable hausse de son taux, tirée par l'inflation. La décision reviendra mi-juillet au ministre de l'Économie, Roland Lescure, et à l'ancien secrétaire général de l'Élysée Emmanuel Moulin, qui a reçu mercredi le feu vert des parlementaires pour devenir le prochain gouverneur de la Banque de France. Le Livret d'épargne populaire (LEP), accessible sous conditions de ressources et rapportant 2,5 %, n'a pas non plus attiré les foules en avril : les épargnants ont retiré 320 millions d'euros de plus qu'ils n'en ont déposé.



