Le nouvel opérateur ferroviaire Velvet présente ce mercredi sa première rame sortie de l’usine Alstom de La Rochelle, en vue de desservir Bordeaux, Angers, Nantes et Rennes dès 2028. Ce concurrent de la SNCF affiche ses couleurs avec une rame Avelia Horizon à deux étages, livrée vert foncé et logo lilas.
Un déploiement industriel et opérationnel
Cette rame est la première des douze commandées par Velvet, société entièrement privée. La motrice est fabriquée à Belfort. Les premiers essais débuteront à La Rochelle, suivis d’essais sur rail à partir de 2027, selon Rachel Picard, cofondatrice et ancienne directrice de la branche voyageurs de la SNCF.
Pour se lancer, Velvet a levé un milliard d’euros auprès du fonds Antin Infrastructure Partners, dont 850 millions dédiés au contrat avec Alstom signé en 2024. Le contrat inclut la maintenance pendant quinze ans, réalisée par Alstom dans un atelier en construction à Marcheprime, près de Bordeaux.
Trois lignes dès le départ
Velvet prévoit de lancer trois lignes simultanément : Paris-Bordeaux, Paris-Angers-Nantes et Paris-Rennes, avec 10 millions de places au total. « Aucun nouvel opérateur ne fait cela », souligne Rachel Picard. L’entreprise compte sur le déséquilibre entre l’offre et la demande sur ces axes, actuellement monopolisés par la SNCF.
« Actuellement 15 % des voyageurs ne trouvent pas de place et renoncent à leur voyage sur chacune de ces routes, et 25 % ne trouveront pas de place en 2028 si rien n’est fait », ajoute-t-elle. Elle mise sur la croissance structurelle à long terme, notamment grâce à la bi-localisation des entreprises tech entre Paris et Rennes ou Nantes.
L’Ouest n’est pas seulement une destination de résidences secondaires : « Il y a une vraie tendance au développement économique de ces régions de la façade atlantique, et la hausse des prix du pétrole est aussi un facteur de croissance pour le train », conclut-elle.



