Le ton est donné dès l’entrée de la réunion publique. À Grèzes, en Lozère, une concertation marquée par une forte mobilisation citoyenne s’est tenue mercredi 10 juin. Dans la salle comme sur les pancartes, la contestation du projet d’aménagement de la RN 88 s’affiche sans détour.
Une centaine de participants mobilisés
Organisée par la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), la réunion publique a réuni près d’une centaine de personnes. Dès l’accueil, des pancartes ont donné le ton : « Lozère tu m’aères, projet RN 88 tu nous étouffes ! » ou encore « Non à la destruction inutile de notre vallée ». Parmi les messages les plus remarqués, celui porté par un enfant : « Une méga route ? Mais vous êtes fous ! »
Des oppositions argumentées
Les oppositions se sont exprimées dès les premiers échanges. Habitants, agriculteurs et représentants associatifs ont multiplié les interventions, toujours argumentées, pour dénoncer les scénarios présentés dans le cadre de l’étude. Plusieurs élus locaux des villages alentours, dont Patricia Bremond, présidente de la communauté de communes du Gévaudan, ont affiché leur refus des tracés proposés, en particulier les tracés nord, jugés incohérents sur les plans géologique, environnemental et touristique.
Ces discussions font écho à des oppositions déjà exprimées il y a au moins vingt ans, lors des grands projets routiers qui ont marqué l’histoire locale. Les participants ont interrogé la Dreal sur l’origine de l’étude, commandée en 2021 par la Région, le Département, la communauté de communes Cœur de Lozère et la municipalité de Mende.
Un coût de 1 M€ jugé disproportionné
Le coût de l’étude, s’élevant à 1 million d’euros, a suscité de nombreuses réactions. Plusieurs intervenants ont dénoncé une dépense jugée disproportionnée pour un projet qu’ils considèrent comme inutile. Si la sécurisation de certains secteurs fait consensus, de nombreux participants regrettent que les mobilités douces soient totalement absentes des projets.
L’agriculture au cœur des préoccupations
L’agriculture a également occupé une place importante dans les débats. De nombreux participants s’inquiètent de la destruction d’hectares d’exploitations dans la vallée du Lot et de la Jordane. « Ce projet, pour nous qui vivons ici, c’est désespérant », a témoigné une habitante avec émotion.
À la question posée en introduction de la réunion : ces scénarios répondent-ils à un besoin réel ? La réponse largement partagée dans l’assistance est non. Pour beaucoup, l’option zéro, consistant à ne pas engager de nouveaux travaux sur cet axe déjà équipé de voies de dépassement, demeure la solution la plus raisonnable.



