Montpellier : les restaurateurs du quartier du Lez exigent un plan d'urgence face aux fermetures
La fermeture de Léon Fish Brasserie le 10 février dernier a sonné comme un nouveau coup dur pour le quartier du Lez à Montpellier. Cet établissement spécialisé dans les produits de la mer est le troisième à baisser définitivement le rideau sur l'Esplanade de l'Europe, après la pizzeria Pizza Papa et le bar restaurant Under Roof. Une situation qui pousse les commerçants restants à tirer la sonnette d'alarme et à exiger des mesures concrètes de la part des autorités municipales.
Une situation économique alarmante
Alexandre Zielinski, patron franchisé de l'ex-Léon Fish Brasserie ainsi que des établissements voisins Volfoni et Hippopotamus, ne mâche pas ses mots pour décrire la situation. "Ceux qui restent sont sur une ligne rouge et la plupart des restaurants sont plus ou moins à vendre", déplore-t-il. Malgré cette réalité difficile, il refuse de baisser les bras et continue de se battre au sein de l'association des commerçants du Lez.
Plusieurs facteurs expliquent selon lui cette dégradation :
- Le contexte économique tendu qui pèse sur le secteur de la restauration
- Les fermetures régulières des berges du Lez lors d'événements climatiques
- La problématique du stationnement payant dont les tarifs n'ont cessé d'augmenter
"Le parking est payant à 2,50 euros de l'heure entre 9h et 19h, avec des tarifs qui ne font qu'augmenter depuis quatre ans", précise Alexandre Zielinski. "Au fil des années, les Montpelliérains ont déserté la zone, ce qui plonge nos établissements dans une situation économique très alarmante."
Des événements sans retombées économiques
Les restaurateurs pointent également du doigt le manque de retombées économiques des grands événements organisés dans le quartier. Que ce soit le Tour de France cycliste, le Festival international des sports extrêmes ou les grands concerts du Festival Radio France, les commerçants estiment ne pas bénéficier suffisamment de cette affluence occasionnelle.
"Nous ne sommes pas pleinement associés à l'organisation et nous retrouvons, trop souvent, du mauvais côté des barrières", regrette Alexandre Zielinski. "L'affluence est énorme, mais les retombées économiques très faibles pour nos restaurants."
Des projets pour redynamiser le quartier
Face à cette situation préoccupante, les propriétaires des six bars et restaurants situés face à l'hôtel de Région se sont regroupés en association il y a trois ans. Leur objectif : redynamiser ce secteur de la ville, défendre des projets et porter des animations.
Les idées ne manquent pas pour attirer à nouveau les Montpelliérains :
- Organiser des soirées-concerts sur le thème Guinguette
- Implanter un village de Noël en fin d'année
- Déployer des terrasses au bord du Lez
- Installer un carrousel sur l'Esplanade de l'Europe
- Rendre piétonne l'avenue du Pirée pour en faire une promenade
- Créer des terrains de pétanque en accès libre
"Nous aimons notre lieu d'implantation, entre le Lez et le quartier Antigone", explique Alexandre Zielinski. "Il a un potentiel énorme et nous sommes optimistes, mais nous avons besoin que la Ville nous accompagne dans nos projets et nos animations. Malheureusement, nous n'avons jamais reçu de réponses de leur part..."
Les commerçants se disent prêts à financer une partie de ces projets, mais insistent sur la nécessité d'un soutien municipal pour les concrétiser. "On a des propositions, on les a listées, on est prêt à en financer une partie. Maintenant, on doit avancer pour rester en vie", conclut le restaurateur, déterminé à sauver ce quartier qu'il affectionne particulièrement.



