La Confédération des buralistes a lancé une grève du 7 au 11 septembre dans six villes moyennes de France pour réclamer le gel de la fiscalité du tabac. Face à des pertes de recettes estimées à 30 %, les 22 500 professionnels du réseau dénoncent l'impact du marché parallèle sur leur modèle économique.
Une mobilisation dans six villes moyennes
Depuis ce 7 septembre et jusqu'au 11 septembre prochain, "22 500 buralistes se mobilisent dans 6 villes de France pour dénoncer un ras-le-bol fiscal qui menace leur modèle économique", écrit dans un communiqué la Confédération des buralistes, organisme qui fédère la profession.
Les buralistes prévoient des rassemblements toute la semaine dans six villes de France : Muret (Haute-Garonne), Redon (Ille-et-Vilaine), Givors (Rhône), Saverne (Bas-Rhin), et Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Lundi, la mobilisation a débuté à Muret, près de Toulouse, et à Redon, en Bretagne, "des villes qui ne sont pas les grandes métropoles" pour rappeler que "la crise du réseau concerne la France des villes moyennes, des centres-bourgs, des campagnes et des périphéries", rappelle la Confédération.
Une hausse mécanique des prix au 1er janvier
Les professionnels réclament le gel de la fiscalité du tabac à l'approche des débats budgétaires, avec en ligne de mire l'augmentation du prix des cigarettes au 1er janvier. "À quelques jours des premiers débats sur le prochain budget de l'État et de la Sécurité sociale, le prix du tabac continuera, en l'état, d'augmenter mécaniquement au 1er janvier prochain sous l'effet de son indexation sur l'inflation. Pour la profession, cette mécanique a atteint ses limites", déplorent-ils.
Les buralistes prévoient une manifestation mardi 8 septembre à Givors (Rhône) et à Saverne (Bas-Rhin), puis mercredi 9 à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Le plus grand rassemblement est prévu à Vernon (Eure) vendredi 11 septembre, ville dans laquelle le Premier ministre Sébastien Lecornu est premier adjoint au maire.
Un marché parallèle qui fragilise le réseau
"On a déjà le paquet le plus cher d'Europe. C'est trop. La vente de cigarettes à la sauvette se développe, on assiste à une banalisation de la vente illégale", regrette Frédéric Pailhé, président des buralistes d'Occitanie. Selon lui, le trafic de cigarettes génère une baisse de fréquentation des bureaux de tabac, une perte de recettes de 30 % pour la profession et 5 milliards d'euros pour l'État.
"Le marché parallèle prospère et notre réseau se fragilise. Nous demandons des décisions courageuses et responsables", réclame Serdar Kaya, le président de la Confédération. La mobilisation des buralistes est soutenue par la candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle, Marine Le Pen, qui a défendu dimanche dans une lettre ouverte le "gel des taxes sur le tabac", affirmant vouloir "protéger" une activité "vitale pour la vie sociale" des communes.



