Une brasserie varoise lance une IPA sans alcool, tendance chez les jeunes
Brasserie varoise lance IPA sans alcool, tendance chez les jeunes

Alors que la consommation d'alcool recule en France, la bière sans alcool séduit de plus en plus, y compris dans les brasseries artisanales. À Hyères, la brasserie des « Iles d'or » a décidé de miser sur cette tendance en lançant sa propre référence IPA 0 %, baptisée « l'Anark ».

Une demande portée par les jeunes et le Dry January

Selon un sondage Dynata réalisé en décembre 2024 auprès de 1 002 personnes âgées de 18 à 65 ans, 51 % des 18-25 ans consomment des boissons sans alcool. Ce mouvement a été popularisé par des défis comme le Dry January. Cette prise de conscience collective sur les risques sanitaires liés à l'alcool pousse la génération Z à rechercher un mode de vie plus sain, sans pour autant prôner l'abstinence totale. On parle de « flexitarisme de l'alcool », avec des périodes d'alternance entre bière alcoolisée et sans alcool. Santé Publique France attribue ces évolutions à une préoccupation accrue pour la santé, l'environnement, ou la volonté de contrôler son image sur les réseaux sociaux.

La brasserie des Iles d'Or lance l'IPA « l'Anark »

La brasserie des Iles d'Or, installée à Hyères, propose désormais une IPA sans alcool nommée « l'Anark ». Le cofondateur, Marcel My, explique : « Nous avons eu l'idée de lancer des produits alternatifs il y a deux ans. Nous avons confectionné des softs comme de la limonade ou du Marcel cola, un hommage à Marcel Pagnol. » L'été dernier, ils se sont lancés dans les bières 0 % d'alcool, un pari osé qui a séduit locaux et touristes. « Nos stocks ont été vidés 15 jours après la présentation de notre nouvelle “cul-nu” blonde », raconte-t-il. Ce nouveau marché répond à une forte demande non seulement des jeunes, mais aussi « des femmes enceintes et des musulmans qui souhaitent se désaltérer avec le goût de la bière, mais sans l'alcool ! »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des contraintes économiques pour les brasseries artisanales

Dans la brasserie « Bière de la Rade » à Toulon, la volonté de se réinventer avec de la bière sans alcool est présente, mais les contraintes économiques pèsent. Charles Doerr, cofondateur, précise : « Nous sommes bien conscients de la demande, mais le mode de fabrication de la bière sans alcool n'est pas le même que celui de la bière classique. Il faut une nouvelle machine coûteuse, un pasteurisateur, et ça nécessite un réel investissement. » Il affirme se concentrer pour le moment sur les gammes existantes, avant de se pencher sur le sujet « durant l'automne ou l'hiver ».

Du côté de la brasserie de la « Cig » à La Seyne-sur-Mer, Rodolphe Apparu, fondateur, estime que le marché n'est pas assez développé dans le Sud pour se lancer. « La gamme est déjà importante et il faut vraiment investir dedans. La région PACA est connue pour ses vins, moins pour ses bières, il faut se laisser le temps », conclut-il.

Pourquoi les bières sont-elles plus chères dans le Sud ?

Le prix d'une bouteille de 25 cl de bière peut atteindre 4 € dans le Sud, contre 2,50 € dans le Nord. Cette différence s'explique par l'importation du malt et du houblon depuis le nord de la France et la Belgique, ainsi que par le coût du foncier, plus élevé dans certaines communes du Sud.

Le pasteurisateur, indispensable pour la bière sans alcool

Le pasteurisateur est un équipement clé pour garantir la qualité et la sécurité de la bière sans alcool. L'alcool étant un conservateur naturel et une protection contre les bactéries, son absence nécessite une pasteurisation pour éviter l'altération du goût et les risques sanitaires.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale