Le président de Nîmes Métropole, Vincent Bouget, a exprimé mardi en conseil communautaire son inquiétude quant à l'avenir de l'aéroport de Nîmes-Garons. La plateforme, confiée au groupe Edeis dans le cadre d'une délégation de service public (DSP), peine à atteindre les objectifs fixés. « Les inquiétudes qui s'expriment depuis plusieurs semaines sont légitimes. Les ambitions affichées lors de la signature de la DSP et les objectifs fixés au délégataire sont aujourd'hui loin d'être atteints », a-t-il déclaré, le ton grave.
Des objectifs de fréquentation non atteints
L'aéroport de Nîmes-Garons compte actuellement six lignes, toutes opérées par la compagnie low-cost Ryanair. En 2024, il a accueilli 260 000 passagers, un niveau jamais atteint en 25 ans. Cependant, cet objectif est très loin des 400 000 voyageurs promis pour 2028 dans le contrat signé en janvier 2022. « Ce contrat prévoit des premières pénalités dès 2026 si un certain palier n'est pas atteint », confie un connaisseur du dossier. Et d'analyser : « Ils ont mis la barre trop haut pour obtenir le marché. »
En 2024, le résultat net de l'aéroport affichait une perte de 1,1 million d'euros. Aucune nouvelle ligne n'a été ouverte depuis l'échec de la compagnie l'Odyssey. Vincent Bouget a annoncé qu'il rencontrerait le préfet dans deux jours pour échanger sur les perspectives et les conditions d'un accompagnement renforcé de l'État. Un comité de suivi réunissant le délégataire se tiendra le 30 juin pour obtenir des clarifications sur ses intentions et sa vision pour l'avenir de la plateforme.
Un équipement stratégique pour le territoire
Le président de Nîmes Métropole a réaffirmé l'importance de l'aéroport pour l'agglomération, rappelant les investissements récents et le rôle de la plateforme dans les domaines de la sécurité civile, de la formation aéronautique et de la maintenance. « Au-delà d'une simple question de fréquentation ou de conjoncture, c'est bien l'avenir d'un équipement stratégique pour notre territoire qui est en jeu », a-t-il insisté.
Plusieurs options s'offrent à la collectivité : casser la DSP (mais à quel coût ?), travailler avec les aéroports voisins, ou trouver une solution avec Edeis. « Les prochains jours seront décisifs », a prévenu Vincent Bouget.
Frictions sur les moyens des groupes politiques
En marge du dossier aéroportuaire, le conseil communautaire a été le théâtre d'un échange tendu entre Vincent Bouget et son opposant RN Julien Sanchez. Ce dernier a contesté la modification du règlement intérieur sur la répartition des moyens attribués aux groupes politiques. Selon lui, son groupe n'obtiendrait que 618 euros au lieu de 7 300 euros. « Vous prenez aux pauvres pour donner aux riches », a-t-il grondé, annonçant saisir la justice. Le vice-président Rémi Nicolas a répliqué : « Je comprends que le RN soit inquiet sur le sujet sensible des collaborateurs, mais on ne parle pas ici de 4 millions d'euros de fonds européens destinés à financer des emplois fictifs. »
Budget 2027 repoussé
Le conseil a également examiné le compte financier unique 2025. Le vice-président Gilles Guillaud a présenté des chiffres marquants : un investissement maintenu à 105 millions d'euros, des dépenses en hausse de 2,6 % (207 millions d'euros) et une dette de 466 millions d'euros, pour un ratio de désendettement de 6,7 ans. « Nîmes Métropole est parmi les intercommunalités les plus endettées de France », a-t-il conclu. Vincent Bouget a annoncé que le vote du prochain budget serait repoussé à début 2027, afin de « prendre le temps nécessaire pour construire une trajectoire financière claire, soutenable et responsable ».



