Les menaces de Trump contre l'Iran provoquent une flambée des prix du pétrole
Les marchés pétroliers ont réagi vivement jeudi aux déclarations belliqueuses de l'ancien président américain Donald Trump. Les cours du brut ont enregistré une hausse spectaculaire dépassant les 7%, directement liée à un discours plus offensif qu'anticipé concernant la politique américaine envers l'Iran.
Un discours qui éteint les espoirs d'apaisement
Mercredi, Donald Trump a douché les espoirs d'une résolution rapide des tensions avec Téhéran en promettant de frapper « extrêmement durement » l'Iran pendant encore deux à trois semaines. Ses menaces se sont particulièrement concentrées sur les infrastructures énergétiques du pays, alimentant les inquiétudes sur la stabilité des approvisionnements mondiaux.
« La réaffirmation par le président que les pays dépendants du détroit d'Ormuz doivent agir pour garantir sa réouverture a soutenu la hausse de la prime de risque du Brent », explique Claudio Galimberti, analyste chez Rystad Energy au Texas. « Cela laisse présager de nouvelles opérations militaires dans les prochains jours », ajoute-t-il, soulignant l'impact immédiat des déclarations sur la psychologie des marchés.
Une hausse spectaculaire des cours
Après avoir reculé en début de semaine dans l'espoir d'une accalmie, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a grimpé de 7,28% vers 11h25 à Paris, atteignant 108,52 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate pour livraison en mai, a progressé de 7,06% à 107,19 dollars, illustrant l'ampleur de la réaction des marchés aux déclarations de l'ancien président.
La situation critique du détroit d'Ormuz
« La libération des réserves stratégiques et la réduction des stocks seront d'autant moins efficaces que leur niveau diminuera, si le détroit d'Ormuz reste fermé », souligne Ryan Sweet, économiste chez Oxford Economics. Cette fermeture de facto du principal corridor d'exportation pétrolier mondial représente une menace majeure pour l'équilibre des marchés.
Selon les données publiées mercredi par l'Agence américaine d'information sur l'énergie, la réserve stratégique des États-Unis a perdu environ 300 000 barils durant la période de sept jours achevée le 27 mars. « L'organisme a au passage signalé une hausse significative de 5,5 millions de barils des stocks de brut américains la semaine dernière », précise Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown. « Cette augmentation aurait normalement pesé sur les prix, mais elle est passée inaperçue dans le contexte actuel de tensions géopolitiques exacerbées ».
La combinaison des menaces militaires explicites, de la fermeture persistante du détroit d'Ormuz et de la diminution des réserves stratégiques crée un environnement particulièrement volatil pour les marchés pétroliers mondiaux, avec des conséquences potentielles sur les prix à la consommation dans les semaines à venir.



