Pétrole : la hausse reprend après une trêve fragile entre l'Iran et les États-Unis
L'optimisme initial a rapidement cédé la place au doute sur les marchés pétroliers. Après une chute significative mercredi suite à l'annonce d'un cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis, les cours du brut ont connu un rebond marqué ce jeudi, effaçant une grande partie des gains de la veille.
Une reprise spectaculaire des cours
Vers 11h45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne pour livraison en juin, a enregistré une hausse de 4,08 % pour atteindre 98,62 dollars, contre 94,75 dollars la veille. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai, a quant à lui progressé de 5,23 % à 99,34 dollars.
La fragilité de l'accord mise en lumière
Cette volatilité illustre la fragilité de la trêve annoncée. « Le marché s'est rapidement recentré sur la réalité sous-jacente », explique Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank. « Le détroit d'Ormuz reste de facto soumis à des restrictions, et le système pétrolier mondial est loin de fonctionner normalement. »
Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, abonde dans ce sens : « Il semble déjà y avoir un désaccord sur le plan en 10 points effectivement en vigueur, ce qui laisse supposer que le cessez-le-feu est mal conçu et mal appliqué. »
Les inquiétudes persistent dans le détroit d'Ormuz
Les préoccupations concernant le transit maritime se sont accentuées ce jeudi avec l'annonce par la marine des Gardiens de la Révolution iraniens. Les navires traversant le détroit d'Ormuz doivent désormais emprunter deux routes alternatives, proches des côtes iraniennes, en raison de la possible présence de « mines » sur l'itinéraire habituel plus au large.
Le trafic dans la zone reste considérablement réduit. Selon Lloyd's List Intelligence, les passages à travers le détroit d'Ormuz ont chuté de 90 % par rapport à la normale sur la semaine écoulée, la majorité du trafic restant étant désormais liée à l'Iran.
Impact sur les capacités d'exportation
Tant que cette situation perdure, la capacité d'exportation de pétrole des pays du Golfe reste particulièrement limitée. Cette contrainte logistique majeure constitue un facteur de hausse structurelle des prix du brut, alimentant les incertitudes sur les marchés mondiaux.
Les analystes soulignent que la volatilité devrait se poursuivre tant que des clarifications ne seront pas apportées sur la mise en œuvre effective du cessez-le-feu et sur la sécurisation des voies maritimes stratégiques.



