La France conserve sa note A+ malgré une dette élevée, selon Fitch
France garde note A+ malgré dette élevée selon Fitch

La France conserve sa note A+ malgré une dette élevée, selon Fitch

Malgré un niveau de dette publique élevé et en augmentation, la France a conservé sa note souveraine A+ avec perspective stable de la part de l'agence de notation Fitch Ratings. Cette décision, annoncée vendredi, souligne la solidité de l'économie française et de ses institutions, tout en pointant les défis budgétaires à moyen terme.

Les atouts qui justifient le maintien de la note

Dans son communiqué, Fitch met en avant plusieurs éléments positifs qui expliquent le maintien de la notation A+. L'agence américaine souligne notamment que la France dispose d'une économie diversifiée avec un revenu par habitant et des indicateurs de gouvernance supérieurs à la médiane des pays notés dans cette catégorie. Ces facteurs structurels contribuent à contrebalancer les vulnérabilités financières du pays.

Le ministre de l'Économie Roland Lescure a salué cette décision, affirmant qu'elle « s'inscrit dans le prolongement des efforts engagés par le gouvernement dans le cadre du budget 2026 pour maîtriser les finances publiques ». Il a réaffirmé l'engagement du gouvernement à poursuivre la réduction du déficit et de la dette.

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Les défis persistants pour les finances publiques

Cependant, Fitch pointe également plusieurs facteurs négatifs qui pèsent sur la notation française :

  • Un niveau de dette publique élevé et en hausse
  • Un contexte sociopolitique qui complique l'assainissement budgétaire à moyen terme
  • Un potentiel de croissance relativement faible

L'agence déplorait déjà à l'automne dernier « le faible bilan » français en matière de réduction du déficit public et de respect des règles budgétaires européennes, s'inquiétant également de « la fragmentation et de la polarisation croissantes de la vie politique française ».

Le contexte budgétaire et politique actuel

Six mois plus tard, la situation présente des nuances. La croissance française a été légèrement meilleure que prévu en 2025, atteignant 0,9% au lieu des 0,7% anticipés. De plus, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réussi à faire adopter un budget « de compromis » en février avec l'appui des socialistes.

Néanmoins, le budget 2026 n'a été adopté qu'au prix d'une réduction du déficit public moindre qu'espéré, avec 5% du PIB inscrit dans la loi de finances au lieu des 4,7% initialement prévus. Cette situation résulte des concessions importantes faites à la gauche, notamment la suspension de la réforme des retraites.

Fitch anticipe un déficit public de 4,9% du PIB en 2026, « proche de l'objectif gouvernemental de 5% ». L'agence précise que « cela représenterait une légère amélioration par rapport aux 5,4% estimés pour 2025, mais resterait supérieur à la médiane de 3,3% pour les pays notés A ».

Les perspectives difficiles pour les prochains budgets

L'agence de notation estime que « les discussions sur le budget 2027 devraient être tout aussi difficiles », indiquant qu'« il existe peu de marge pour une consolidation budgétaire rapide avant l'élection présidentielle de 2027 ». Cette perspective politique complique considérablement les efforts d'assainissement des finances publiques à moyen terme.

L'impact des tensions géopolitiques

Concernant les risques inflationnistes liés aux tensions internationales, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a récemment souligné sur France Inter que la guerre au Moyen-Orient pourrait « entraîner un peu plus d'inflation et un peu moins de croissance », mais que l'ampleur de cet impact « dépendrait de la durée du phénomène ».

Il a toutefois assuré qu'« il n'y aurait pas de récession », notant qu'en matière de risques d'inflation, « 2026 n'est pas 2022 », année du début de la guerre en Ukraine qui avait provoqué une flambée des prix des matières premières. Eric Dor, professeur à l'IESEG, ajoute que la France est relativement protégée d'une inflation liée au pétrole et au gaz grâce à son importante production d'énergie nucléaire.

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Les prochaines échéances pour la notation française

Les deux autres grandes agences de notation doivent se prononcer sur la note française dans les prochaines semaines :

  1. Moody's le 10 avril
  2. S&P Global Ratings le 29 mai

S&P avait également abaissé la note française à A+ à l'automne avec une perspective stable, tandis que Moody's maintient actuellement la France en Aa3 (en bas de la catégorie « qualité haute ou bonne ») mais avec une perspective négative, ce qui signifie que son prochain mouvement pourrait être un abaissement à A1, l'équivalent de A+ chez S&P et Fitch.

Il reste par ailleurs trop tôt pour que Fitch prenne en compte dans sa notation d'éventuelles évolutions des données de finances publiques françaises provoquées par la guerre au Moyen-Orient, dont les effets économiques pourraient se manifester progressivement.