Épargne salariale : la régularité des performances, clé d'un placement réussi
Épargne salariale : la régularité, clé du placement

Épargne salariale : la régularité prime sur les pics de performance

Dans le domaine de l'investissement, occuper ponctuellement la tête des classements ne garantit pas un bon placement. Ce qui importe véritablement pour un investissement durable, c'est la régularité de la performance, bien plus que le simple taux de progression affiché. Fort de cette conviction, le groupe Éres a mené une étude approfondie pour mesurer la fréquence à laquelle les fonds d'épargne salariale enregistrent des performances positives sur la durée de placement recommandée.

Une analyse rigoureuse sur 586 fonds

L'étude s'est concentrée sur 586 fonds gérés par 37 sociétés de gestion différentes. « Plus le pourcentage est élevé, plus le gérant démontre sa capacité à limiter les phases de baisse et à préserver le capital des épargnants dans le temps », explique Mathieu Chauvin, président d'Éres. Cette approche met en lumière la résilience des placements plutôt que leur volatilité momentanée.

Les fonds actions en tête avec 96,8% de performances positives

Concernant les fonds communs de placements d'entreprise (FCPE) investis sur les actions, l'équipe dirigée par Gaël Gilbert, directeur de la gestion chez Éres, a calculé sur la période 2012-2025 la probabilité moyenne d'obtenir une performance positive sur un horizon d'investissement de cinq ans. Le résultat est sans équivoque : 96,8%.

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« Autrement dit, ces fonds ont historiquement enregistré des performances positives dans plus de 9 cas sur 10, malgré des phases de volatilité », précise Gaël Gilbert. Ce qui en fait le meilleur placement sur la période analysée, même si « cela ne préjuge pas de l'avenir », nuance-t-il avec prudence.

Parmi les fonds analysés, 83% présentent une fréquence de gain supérieure à ce taux de 96,8%, tandis que 17% se situent en dessous.

Performance moindre pour les fonds diversifiés et obligataires

À un horizon de placement de trois ans – la durée généralement recommandée –, le score chute à 77,9% pour les FCPE diversifiés, qui répartissent l'épargne entre supports actions et obligations. Seulement 14% des fonds ont fait mieux, contre 86% qui ont réalisé des performances inférieures. « Sur la période, la partie obligataire a pesé négativement sur le résultat », commente Gaël Gilbert.

Pour les fonds strictement obligataires, à horizon de trois ans, les FCPE enregistrent des performances positives dans seulement 5 cas sur 10 (55,4%). 34% des fonds ont surpassé ce taux, tandis que 66% ont fait moins bien. « La forte remontée des taux d'intérêt en 2022 a provoqué des pertes sur les marchés obligataires », explique le directeur de la gestion.

Les fonds monétaires, les plus risqués sur un an

Avec une période de conservation recommandée d'un an, les fonds monétaires affichent une fréquence de gain moyenne de seulement 28,2%, soit une performance positive dans à peine 3 cas sur 10. 51% des fonds ont réalisé de meilleurs résultats, et 49% ont fait moins bien. « Ces fonds ont en effet souffert de taux négatifs entre 2016 et 2022 », analyse Gaël Gilbert.

Les cinq atouts majeurs de l'épargne salariale

Ces résultats soulignent l'importance d'une gestion avisée de son épargne salariale. Les salariés ont le choix entre percevoir immédiatement les montants versés par leur entreprise au titre de l'intéressement ou de la participation, ou les placer dans le cadre d'un plan d'épargne entreprise (PEE) ou d'un plan d'épargne retraite d'entreprise (PER ou PERCO). Cinq arguments solides militent en faveur de la seconde option :

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  1. La fiscalité avantageuse : Les sommes perçues immédiatement sont imposées à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (18,6%). Placées, elles sont exonérées d'impôt sur le revenu et investies sur des supports adaptés au profil de risque.
  2. La déductibilité des versements volontaires : Ces versements sont déductibles du revenu imposable et bénéficient souvent d'un abondement versé par l'entreprise.
  3. La prise en charge des frais : Les frais de tenue de compte et de gestion sont généralement supportés par l'employeur.
  4. Les nombreux cas de déblocage : Quatorze situations permettent de débloquer son épargne sans remettre en cause les avantages fiscaux, comme le mariage, le décès, la naissance d'un troisième enfant ou l'achat de sa résidence principale.
  5. La flexibilité à la retraite : Le capital accumulé peut être récupéré sous forme de capital, de rente, ou les deux, selon les souhaits du bénéficiaire.

La Semaine de l'épargne salariale, qui se tient jusqu'au 27 mars, représente une opportunité précieuse pour mieux comprendre ces mécanismes et optimiser ses placements.