Le Livret A devrait augmenter cet été, conséquence de l'inflation liée au conflit au Moyen-Orient
Hausse du Livret A attendue cet été à cause de l'inflation

Le Livret A en voie de revalorisation face à la poussée inflationniste

Antoine Saintoyant, directeur adjoint de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), a annoncé ce mercredi s'attendre à une augmentation significative du taux du Livret A, qui se situe actuellement à 1,5%. Cette anticipation fait directement suite au retour marqué de l'inflation, un phénomène largement attribué aux répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient. La prochaine révision officielle de ce taux d'épargne réglementé, dont le mécanisme de calcul intègre en partie l'évolution des prix à la consommation, sera arbitrée conjointement par la Banque de France et le ministère de l'Économie et des Finances (Bercy) à la mi-juillet. Si elle est actée, cette hausse entrera en vigueur à compter du 1er août prochain.

Une inflation qui s'accélère sous l'effet des tensions géopolitiques

Dans une première estimation rendue publique le 31 mars, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a déjà constaté une nette accélération de l'inflation. Les prix à la consommation ont ainsi progressé de 1,7% sur un an au mois de mars, contre une hausse de seulement 0,9% enregistrée en février. Cette envolée s'explique principalement par un rebond spectaculaire des prix de l'énergie, et plus particulièrement des produits pétroliers, qui ont augmenté de 7,3% sur un an en mars après avoir reculé de 2,9% le mois précédent. Les analystes pointent du doigt l'impact direct des premières attaques israélo-américaines contre l'Iran survenues fin février, qui ont déstabilisé les marchés et fait flamber les cours.

Des conséquences contrastées pour le logement social et le financement du nucléaire

Si une revalorisation du Livret A constitue une aubaine pour les épargnants français, elle représente en revanche une mauvaise nouvelle pour les acteurs du secteur du logement social. En effet, le coût de leurs crédits est indexé sur l'évolution de ce taux d'épargne, ce qui alourdira mécaniquement leurs charges financières. Antoine Saintoyant s'exprimait dans le cadre de la présentation du bilan d'activité 2025 de la Banque des Territoires, une filiale de la CDC. Cette dernière a joué un rôle crucial l'an passé en participant au financement de près de la moitié des logements créés en France.

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Dans un contexte de crise aiguë de la construction neuve, la Banque des Territoires a assumé, selon ses propres termes, « un rôle contra-cyclique » salutaire. L'institution a ainsi financé la réalisation de 108 000 nouveaux logements sociaux et de 14 000 logements à loyer intermédiaire, sur un total de 270 000 logements mis en chantier sur l'ensemble de l'année 2025. La production de logements sociaux PLAI (Prêt Locatif Aidé d'Intégration), qui proposent les loyers les plus bas, a mobilisé à elle seule 3,6 milliards d'euros, soit 29% des prêts accordés au secteur. L'Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) a toutefois jugé que la création de ces logements PLAI restait « nettement insuffisante » depuis 2014.

Parallèlement, l'Élysée avait révélé le mois dernier que les fonds collectés via le Livret A contribueraient également au financement ambitieux de six nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR2. Le coût total de ce programme est estimé à 72,8 milliards d'euros. Interrogé sur ce point, le directeur adjoint de la CDC a précisé que l'enveloppe globale dédiée à ce projet s'élèverait à près de 50 milliards d'euros, avec un décaissement prévu d'environ 4 milliards d'euros par an sur une période d'une douzaine d'années.

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