Décision de statu quo de la Fed
La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé ce mercredi de maintenir ses taux directeurs dans une fourchette de 3,50% à 3,75%, une décision largement anticipée par les marchés. Il s'agit de la cinquième réunion consécutive sans changement, alors que l'institution est confrontée à une inflation alimentée par la guerre au Moyen-Orient et aux pressions répétées du président Donald Trump pour un assouplissement monétaire.
Le comité de politique monétaire (FOMC) a opté pour le statu quo à l'issue de deux jours de délibérations. Son président, Kevin Warsh, a justifié cette décision par la « solidité impressionnante » de l'économie américaine, selon ses termes lors de la conférence de presse. Pour Andrew Davis, directeur de la stratégie investissement chez Bryn Mawr, la banque centrale « reste patiente » et souhaite disposer de davantage d'éléments avant de modifier son cap.
Débat interne animé
Si la décision était attendue, les discussions au sein de la Fed ont été vives. Kevin Warsh a reconnu que les échanges avaient été « une vraie dispute de famille ». Trois membres du FOMC, Beth Hammock, Lorie Logan et Neel Kashkari, ont voté en faveur d'une hausse des taux. Selon Michael Pearce, chef économiste d'Oxford Economics, ces responsables estiment que « les risques d'une inflation élevée persistante priment » sur la nécessité de soutenir l'économie.
Cette division interne reflète les incertitudes quant à l'évolution des prix. L'inflation mesurée par l'indice PCE, privilégié par la Fed, a atteint 4,1% en mai, principalement sous l'effet de la flambée des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient. Kevin Warsh a assuré qu'il n'existait pas de « baguette magique » pour résoudre cette hausse, ajoutant : « On est sur le coup et nous allons y parvenir, nous sommes ultra-concentrés afin de nous assurer que nous allons y arriver. »
Inflation persistante et pression politique
La décision de la Fed ne répond pas aux attentes de Donald Trump, qui réclame depuis plusieurs semaines une baisse du coût du crédit. Après avoir nommé Kevin Warsh à la tête de la banque centrale, le président américain continue de défendre un assouplissement monétaire. Lundi encore, il estimait que « le rapport sur l'inflation a été très bon » et que « les taux devraient être abaissés ».
Pourtant, l'inflation reste orientée à la hausse. Les prochains chiffres de l'indice PCE, attendus jeudi, permettront d'évaluer si cette poussée se confirme. La plupart des analystes estiment que la hausse liée à l'énergie pourrait être temporaire, tandis que le marché de l'emploi demeure solide avec un taux de chômage de 4,2%. Donald Trump a de nouveau critiqué le fonctionnement de la Fed, jugeant que Kevin « Warsh est fantastique mais il a un comité » qu'il qualifie de « très politique » et favorable au maintien de taux élevés.



