Jean-Christophe Coubris, l'avocat bordelais qui jongle entre prétoire et vignoble du Médoc
Avocat et vigneron : la double vie d'un Bordelais au Médoc

Jean-Christophe Coubris, une double vie entre robe noire et sécateur

Dans la salle de dégustation du château La Mouline, en AOC moulis au cœur du Médoc, Jean-Christophe Coubris se sent chez lui. Entouré de ses bouteilles et avec une vue sur ses vignes bien poussées en ce mois d'avril, il incarne une double vie unique : avocat réputé à Bordeaux et vigneron passionné. Cette propriété familiale, où il a grandi aux côtés de son grand-père et de son père, est le théâtre de souvenirs mêlant tracteurs, vendanges et plaidoiries.

Deux passions exigeantes : le droit et la vigne

À la tête d'un cabinet bordelais comptant 16 avocats et autant d'assistantes, Jean-Christophe Coubris s'est forgé une réputation nationale en défendant les victimes de dommages corporels, comme les erreurs médicales ou les accidents de la route. Il partage les épreuves et les succès de ses clients, tout en jonglant avec sa seconde passion : la viticulture. Pour symboliser cette dualité, il signe ses barriques « Serments de vigne », un clin d'œil à ses deux métiers.

« Mes deux métiers sont deux passions exigeantes, avec une même ligne de conduite : ne jamais trahir », explique-t-il, rappelant son serment d'avocat prêté en 1999. Sur un panneau, ses « Serments de vigne » sont affichés, alliant solennité et poésie : « En vertu des dons que la nature confère à notre terroir, nous nous engageons à nous consacrer à la vigne et au vin avec tout le respect et la passion qu'ils réclament. » Cette profession de foi se termine par une promesse de gestes vertueux pour un art de vivre durable.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Investissements et renaissance d'un domaine familial

Le château La Mouline, propriété familiale depuis 1920, s'étend sur 20 hectares, dont 12 en production. Ces cinq dernières années, huit hectares ont été arrachés et replantés avec des cépages comme le cabernet sauvignon, le petit verdot, le malbec et la syrah. Représentant la cinquième génération à la tête de ce cru bourgeois supérieur certifié bio, Jean-Christophe Coubris a repris les commandes en 2020 et a entrepris des rénovations majeures : chais, locaux et extérieurs ont été refaits.

« Des investissements peut-être déraisonnables, mais faire de la qualité est la seule solution pour se sortir du marasme dans lequel est plongé le vignoble bordelais », affirme-t-il. Son attachement au domaine est viscéral : « Je ne me voyais pas vendre cette propriété ». Avec son épouse Emmanuelle, qui a quitté une grande entreprise pour le rejoindre, ils préservent la vie familiale tout en gérant deux carrières exigeantes.

Une gamme de vins qui reflète une double identité

La gamme du château comprend trois références : la Moulinette (déclinée en six étiquettes), le château La Mouline et la cuvée Totem. L'une des étiquettes de la Moulinette arbore un avocat en robe noire, symbolisant l'identité duale de Jean-Christophe Coubris. Il aspire à faire du château La Mouline un cru bourgeois exceptionnel et développe sa clientèle particulière, fort de son Diplôme universitaire d'aptitude à la dégustation obtenu à Bordeaux.

« J'ai prêté serment au terroir familial et je plaide pour le bon goût », déclare-t-il avec humour. Il apporte une touche d'avocat dans sa vie de vigneron, qualifiant les actualités du domaine de « plaidoyers » sur son site web. Cette fusion entre droit et viticulture montre que ses deux métiers sont plus proches qu'il n'y paraît, unissant Code pénal et sécateur dans une quête de qualité et de durabilité.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale