À Frontignan, les vendanges du muscat à petits grains se sont achevées mardi 18 août, après quinze jours de récolte. Le millésime est marqué par une baisse de volume de 16 % par rapport à 2025, mais sauvé par un degré d’alcool optimal et une vinification déjà bien engagée à la cave coopérative. Ce mercredi 19 août, les panneaux « Attention, charrois de vendanges » sont encore plantés à l’entrée de La Peyrade et au rond-point de l’avenue du Muscat, près de la cave coopérative de Frontignan. Mais les vendanges du muscat à petits grains destiné au vin doux naturel sont bel et bien terminées. Le dernier apport d’un adhérent a été livré la veille, à 14 heures.
Une baisse de production de 16 % liée à des grappes moins chargées
Démarrées le 3 août, les vendanges du muscat doux auront duré quinze jours, comme en 2025. Le volume est moins conséquent, avec environ 12 500 hectolitres contre 15 000 l’an dernier, soit une baisse de 16 %. « Jusqu’au bout, les raisins sont restés très gorgés de jus, mais les pieds de vignes ont été moins chargés en grappes à leur sortie, ce qui explique la baisse de la production », commente William Juan, président de la cave coopérative de Frontignan. Si les rendements ont varié selon les exploitations, un recul a été particulièrement marqué dans les parcelles situées à l’entrée de Frontignan, côté Montpellier, ainsi qu’à La Peyrade, secteur pourtant réputé pour ses volumes généreux. Résultat : les apports journaliers n’ont pas dépassé 160 tonnes alors qu’ils grimpent habituellement jusqu’à 180 tonnes sur deux ou trois jours durant la récolte.
Une qualité préservée avec un degré d’alcool optimal de 16,3°
En revanche, côté qualité, le compte est bon : la moyenne en degré d’alcool atteint 16,3°, un niveau jugé optimal pour le vin doux naturel. Ce résultat a été obtenu grâce à une ouverture anticipée de la cave coopérative, une décision prise pour éviter toute flambée des degrés préjudiciable au produit final. Malgré des volumes en retrait, la production des 2 millions de bouteilles de vin doux naturel sera toutefois assurée, la cave puisant dans le stock de sécurité constitué chaque année en cas de coup dur. Tracteurs et bennes ont désormais regagné les hangars, laissant les viticulteurs souffler un peu. Mais, derrière les murs de la cave, le travail continue.
Vinification accélérée par la chaleur et mutage en cours
Sous la responsabilité de l’œnologue, Margaux Danjou, l’équipe s’est lancée dans la vinification des jus. Commencée dès le premier jour des apports, la vinification devrait s’achever d’ici un mois. Après le débourbage des jus, place à la fermentation. Fait notoire cette année, cette étape, qui dure habituellement six à sept jours, ne prend cette année que trois à cinq jours, sous l’effet de la chaleur. « Mais ça reste aromatique, avec des notes de fruits comme la pêche et l’abricot, plus mûrs que frais, et des notes de fleurs blanches », détaille Margaux Danjou, qui vit sa troisième saison à la cave. « On constate aussi une légère amertume par rapport aux années précédentes, mais qui n’est pas désagréable, ainsi qu’une baisse d’acidité, sans surprise. Au final, les jus restent aromatiques et se vinifient bien », poursuit-elle. Le mutage – qui consiste à verser de l’alcool neutre (eau-de-vie à 95-96 %) directement dans la cuve pendant que le jus de raisin est en train de fermenter – a déjà commencé pour les premiers jus et devrait se poursuivre une à deux semaines. Suivront le soutirage, l’assemblage des cuvées, puis la mise en bouteille avant la commercialisation.



