Vendanges 2026 à Pierrefeu : un record de précocité
Vendanges 2026 : record de précocité à Pierrefeu

Le domaine Kennel, à Pierrefeu-du-Var, a débuté ses vendanges 2026 ce mercredi 5 août, battant un nouveau record de précocité. Julien et Mireille Kennel, qui cultivent une trentaine d'hectares en biodynamie, ont choisi de se fier aux sensations du vigneron plutôt qu'aux seules analyses en laboratoire pour déterminer le moment idéal de la récolte.

Une décision guidée par le palais et les sens

« Je prends des baies sans les choisir et je goûte », explique Julien Kennel. Après une vingtaine d'années à comparer les données scientifiques avec ce que lui dit son palais, il a développé un savoir-faire sensoriel précis. « D'abord, je détecte le niveau de sucre sur la langue. C'est évidemment le premier critère. Ensuite, c'est derrière les oreilles que je ressens ou pas l'acidité. Mais à cette période, on sait déjà qu'elle sera faible. Après, c'est le pépin qui va m'intéresser. Je regarde son aspect. A-t-il aoûté ? S'il est devenu marron ou noir, c'est un signe de maturité suffisamment poussé pour récolter. S'il est encore vert, il faut encore attendre. »

Pour les parcelles destinées aux rouges, il ajoute un test supplémentaire : « Parce qu'ici, on ne cherche pas uniquement la maturité chimique, mais aussi la phénolique, pour que les tanins aient un goût de mûre. Alors je croque le pépin. S'il a encore un goût de bois, c'est trop tôt. Si en revanche je perçois un côté torréfié, c'est bon signe. »

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Un calendrier par cépage, une année exceptionnelle

Les vendanges commencent par le sémillon, le plus précoce. « On va commencer par le sémillon. C'est le plus précoce mais cette année, c'est encore un record », commente Mireille Kennel. Julien confirme : « Quand j'ai commencé en 2005, on le récoltait vers le 25 août. » Suivront ensuite, dans l'ordre, les tibourens, les grenaches et les syrah, pour ne citer que quelques-uns des cépages qui font la richesse des gammes de blancs, rosés et rouges du domaine. « Mais parfois, les grenaches doublent les syrah, sourit Julien Kennel. Et enfin, on terminera par les plus tardifs, les mourvèdres, les cabernets et les carignans. »

Cette précocité s'explique par des conditions climatiques particulières : un hiver très pluvieux suivi d'une chaleur sèche prononcée. « La vigne a avancé très vite puis la sécheresse est entrée en jeu », explique le vigneron. La sécheresse a accéléré la concentration des sucres et la dégradation des acides, obligeant à avancer la récolte.

La biodynamie comme philosophie

Pour Julien Kennel, la biodynamie est une approche globale qui redéveloppe la relation avec le végétal. « En biodynamie, on redéveloppe la relation avec le végétal, c'est un aspect passionnant », dit-il. Le domaine multiplie les initiatives dans cette logique : fabrication d'un compost « maison » à base de fumier de cheval, travail modéré des sols, absence totale d'herbicides et d'insecticides. « Nous utilisons des préparations biodynamiques composées de plantes médicinales, de minéraux et de matières organiques », expliquent les viticulteurs. « Sur le domaine, nous favorisons la cohabitation d'espèces végétales et animales. Le vignoble est entouré de deux rivières bordées par des arbres de hautes futaies qui offrent un bocage naturel. La totalité de l'espace agricole est un lieu de repeuplement pour la faune (lapin, perdreaux, canards…) où la chasse est interdite depuis plus de 10 ans. »

Le domaine familial, dans la famille depuis 1932, couvre 35 hectares. Cette année, les vendanges s'étaleront sur environ quatre semaines, jusqu'à la fin du mois d'août, pour les cépages les plus tardifs.

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