Vaccin contre la dermatose nodulaire bovine : espoir en 18-36 mois
Vaccin contre la dermatose nodulaire bovine d'ici 3 ans

Un nouveau vaccin en développement contre la dermatose nodulaire contagieuse

Le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) travaille sur une solution vaccinale visant à limiter les effets secondaires. Sa disponibilité est espérée d'ici 18 à 36 mois, a indiqué vendredi 22 mai Élisabeth Claverie de Saint Martin, PDG sortante de l'organisme.

Ce nouveau vaccin est développé en partenariat avec le secteur privé et une unité de recherche en infectiologie à Lyon. Il vise à mieux gérer les épidémies de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) des bovins. Contrairement au vaccin existant, il provoquera moins d'effets secondaires et sera associé à un test permettant de distinguer un animal vacciné d'un animal malade. Aujourd'hui, cette incertitude empêche l'exportation des animaux vaccinés.

La France, leader en vaccination animale

« La France est le leader en vaccination animale. On a intérêt à avoir la base scientifique et industrielle chez nous, tout simplement pour ne pas manquer de doses », a expliqué Élisabeth Claverie de Saint Martin. Arrivée en France mi-2025, la DNC a entraîné l'application d'un protocole sanitaire strict, avec vaccination des zones touchées et abattage total des troupeaux contaminés, une mesure très critiquée par les éleveurs.

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Vers un abattage sélectif ?

Missionné par le ministère de l'Agriculture, le Cirad doit rendre en juin un rapport sur la possibilité d'un abattage sélectif en cas d'immunité collective. « L'idée c'est de modéliser les risques et de voir s'il y a des modalités alternatives à l'abattage total », a précisé la responsable. « On a essayé de réfléchir pour que les pouvoirs publics puissent prendre des risques en tout état de connaissances. Et puis aussi, parce que c'est une législation européenne, proposer éventuellement des aménagements à Bruxelles » sur la gestion de la maladie.

L'importance de la recherche en agronomie tropicale

La dirigeante, qui vient de prendre la tête de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), souligne l'importance de la recherche en agronomie tropicale, par « solidarité internationale » mais pas seulement. La DNC « est une maladie tropicale. Toutes ces maladies vont arriver de plus en plus, il n'y a pas de frontière », souligne-t-elle, appelant à des soutiens pérennes.

Au Cirad, la DNC « c'est 20-30 ans d'investissement. On était tout proche d'un vaccin en 2018, mais on n'a plus eu de financements », relève-t-elle. « On a repris (les travaux) et on espère avoir le vaccin », a-t-elle poursuivi, appelant à ne pas privilégier uniquement les menaces sous le feu de l'actualité dans les choix de financements.

Avec 1 800 salariés dont 1 000 chercheurs, cet établissement public financé à environ 50 % par des fonds publics est présent dans une cinquantaine de pays.

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