Dans un petit village de l'est de l'Ukraine, Victoria, une agricultrice de 45 ans, retourne la terre mètre par mètre, comme si de ce geste dépendait sa survie. Chaque jour, elle laboure, sème et récolte, refusant de céder à la peur des bombardements. Pour elle, cultiver la terre est un acte de résistance, une manière de rester debout face à l'horreur de la guerre.
Un quotidien rythmé par les explosions
Victoria habite à quelques kilomètres de la ligne de front. Les explosions sont son quotidien, mais elle a choisi de ne pas fuir. « Ici, c'est ma maison, ma terre. Si je pars, je perds tout », confie-t-elle. Chaque matin, elle enfile ses bottes et se rend dans son champ, un carré de terre d'un hectare qu'elle cultive seule depuis le départ de son mari au front. Elle y fait pousser des pommes de terre, des carottes et des betteraves, de quoi nourrir sa famille et quelques voisins.
La terre comme thérapie
Pour Victoria, le travail de la terre est aussi une thérapie. « Quand je suis dans mon champ, je ne pense plus à la guerre. Je pense aux graines, à la pluie, au soleil. C'est ce qui me maintient en vie », explique-t-elle. Ses mains calleuses témoignent de son labeur, mais ses yeux brillent d'une détermination farouche. Elle refuse de laisser la guerre détruire ce qu'elle a construit.
Un réseau de solidarité
Victoria n'est pas seule. Autour d'elle, un réseau de femmes et d'enfants s'est organisé pour maintenir l'agriculture locale. Elles échangent des semences, des outils et des conseils. « Nous sommes devenues une famille », dit-elle. Ensemble, elles cultivent l'espoir, mètre après mètre.
Les extraits de la guerre : ce sont les noms propres
Pour Victoria, la guerre n'est pas une abstraction. Elle a un nom : celui de son mari, parti au combat ; celui de son voisin, tué par un éclat d'obus ; celui de son fils, qui ne peut plus aller à l'école. « Les extraits de la guerre, ce sont les noms propres », dit-elle, les larmes aux yeux. Mais elle refuse de laisser ces noms la submerger. Elle continue de creuser, de planter, de récolter.
Un geste politique
En retournant la terre, Victoria pose un acte politique. Elle affirme que la vie continue, que l'Ukraine ne se rendra pas. « Chaque pomme de terre que je récolte est une victoire sur la guerre », affirme-t-elle. Son combat est silencieux, mais il est essentiel. Il rappelle que la résistance peut aussi prendre la forme d'un légume, d'une racine, d'une graine.
L'avenir incertain
Victoria ne sait pas de quoi demain sera fait. Les bombardements se rapprochent, les récoltes sont menacées. Mais elle continue de labourer, mètre par mètre. « Tant que je pourrai tenir une pelle, je cultiverai », jure-t-elle. Son histoire est celle de milliers d'Ukrainiens qui, malgré la guerre, refusent d'abandonner leur terre. Une leçon de courage et de résilience.



