En visite au Centre scientifique et technique Jean-Féger de Pau (CSTJF) lundi 4 mai, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a annoncé un investissement massif de 100 millions d'euros dans un nouveau supercalculateur, Pangea 5. Ce déplacement était très attendu par les salariés béarnais, qui suivent de près le développement d'un autre centre technique en Inde. Pour les rassurer, le patron a précisé que le site indien serait dédié à l'électricité, au digital et à l'intelligence artificielle, tandis que le CSTJF restera concentré sur le pétrole, le gaz et les services supports.
Le CSTJF, cœur technique de TotalEnergies
Le CSTJF est le plus grand centre technique de l'entreprise avec 2 500 employés. Il constitue le cœur du savoir-faire technique de TotalEnergies et s'est ouvert aux énergies renouvelables. L'investissement dans Pangea 5, qui sera parmi les dix plus gros supercalculateurs au monde et offrira six fois plus de capacités que l'actuel, démontre l'importance stratégique du site. Patrick Pouyanné a affirmé que le CSTJF restera le cœur technique de l'entreprise, même si d'autres centres se développent ailleurs.
Reconversion de Lacq et biocarburants
Interrogé sur la reconversion de la plateforme de Lacq, gérée via Sobegi, le PDG a reconnu que ce n'était pas simple, mais s'est félicité des projets qui émergent, comme Caremag dans les terres rares. Cependant, TotalEnergies n'a pas vocation à investir dans ce domaine, son métier étant de produire et fournir de l'énergie. Concernant les e-fuels, Pouyanné a estimé qu'ils sont technologiquement intéressants mais doivent trouver un marché, car ils sont trois à quatre fois plus chers que les biocarburants aériens actuels. Il a souligné l'importance d'une transition énergétique abordable : « Si la transition énergétique n'est pas abordable, il n'y aura pas de transition énergétique. »
Plafonnement des prix et superprofits
Face aux critiques sur les superprofits de 4,96 milliards d'euros au premier trimestre, Patrick Pouyanné a défendu la décision de l'entreprise de plafonner les prix des carburants à 1,99 € l'essence et 2,09 € le diesel pour les week-ends de ponts de mai. Il a rappelé que TotalEnergies est la seule compagnie pétrolière au monde à avoir pris une telle mesure, et ce uniquement en France en raison de son lien particulier avec le pays. « Nous sommes plutôt patriotes à cet égard », a-t-il déclaré.
Le PDG a également répondu aux appels à une taxe sur les superprofits : « Nous sommes fiers de réaliser des profits importants. TotalEnergies ne va pas s'excuser de performer. » Il a prévenu qu'en cas de surtaxe sur les raffineries, le plafonnement des prix ne pourrait être maintenu. Le coût de cette opération, estimé entre 400 et 500 millions de dollars en 2023, serait alors impossible à supporter. « Entre les deux, je pense que les Français préfèrent bénéficier directement du plafonnement », a-t-il conclu.



