Un jeune agriculteur prépare l'avenir de la ferme familiale en Dordogne
Depuis plusieurs décennies, les agriculteurs français qui souhaitent s'installer ou poursuivre leur activité rencontrent des difficultés croissantes. Alors que la population des exploitants vieillit considérablement – aujourd'hui, la moitié a plus de 50 ans – de nombreux paysans se posent avec anxiété la question cruciale de la transmission des terres et de leurs propriétés.
Une transmission anticipée sur la ferme de Guillaubets
Cette problématique ne concerne cependant pas le trentenaire Douglas Ambroise-Frontou, installé avec son père Jean-Pierre Frontou sur la ferme de Guillaubets, à Fleurac en Dordogne. Dès 2015, alors qu'il venait tout juste de fêter ses 19 ans, après des études au lycée agricole La Peyrouse à Coulounieix-Chamiers, il obtient son bac agricole et commence immédiatement à exercer sur l'exploitation familiale.
Cette exploitation diversifiée repose sur plusieurs productions complémentaires : des prairies, des grandes cultures incluant céréales et semences de tournesol, un élevage de bovins viande de race limousine et désormais une production significative de poulets de chair.
Un investissement précoce dans la volaille de qualité
Aussitôt installé et épaulé par son père expérimenté, Douglas Ambroise-Frontou fait construire deux bâtiments agricoles de 400 m² chacun, pouvant accueillir jusqu'à 8 800 poulets. Puis, en 2019, il poursuit son développement avec trois autres bâtiments d'une surface totale de 1 200 m² pour une capacité additionnelle de 13 200 places.
La particularité de cet élevage réside dans ses conditions : toute la volaille est élevée en plein air sur une surface en herbe de 5 hectares, ce qui permet à l'exploitant d'obtenir la précieuse appellation Label rouge, gage de qualité supérieure et de pratiques respectueuses du bien-être animal.
Une adaptation stratégique face aux défis économiques
Aujourd'hui, sur une surface totale de 200 hectares en grande partie en location, Douglas Ambroise-Frontou envisage de réduire progressivement son cheptel bovin, qui compte actuellement 100 vaches à viande, pour s'orienter résolument vers la vente directe de volaille à la ferme.
« La conjoncture actuelle n'est vraiment pas facile avec la hausse constante des charges : carburants, gaz, électricité, eau, etc. Je vais donc me diriger vers l'abattage à domicile, ce qui devrait me procurer une marge financière supplémentaire tout en maîtrisant mieux ma chaîne de valeur », explique-t-il avec pragmatisme.
Préparer l'après-retraite du père
En fin d'année, à l'aube de la retraite de son père Jean-Pierre, Douglas va mettre en place son propre atelier de transformation avec chambre froide intégrée. Cet équipement lui permettra de vendre une partie significative de sa production directement aux particuliers et aux professionnels de la région, créant ainsi un circuit court rentable.
Engagé et membre actif du conseil technique et économique de la coopérative agricole Maïsadour, il bénéficie d'un accompagnement complet : la coopérative lui fournit les poussins d'un jour, les aliments nécessaires et un suivi technique régulier, formant un partenariat essentiel pour la pérennité de son exploitation.
Cette histoire de transmission réussie illustre comment une jeune génération d'agriculteurs, face aux défis économiques et démographiques du secteur, peut innover et s'adapter pour assurer l'avenir des fermes familiales françaises.



