Comment Monaco surveille la qualité de l'eau de baignade cet été
Surveillance de l'eau de baignade à Monaco

La direction de l'Environnement de Monaco, dirigée par Valérie Davenet, assure une surveillance rigoureuse de la qualité de l'eau de baignade sur cinq sites principaux : la crique des Pêcheurs, la plage du solarium, les anses du Larvotto, ainsi que les anses du Méridien et du Monte-Carlo Bay. Ces sites sont les plus fréquentés par les baigneurs, justifie Valérie Davenet. Chaque lundi, les équipes se rendent en mer avec un bateau, assistées par les Affaires maritimes, pour effectuer des prélèvements.

Un protocole de prélèvement strict

Les biologistes de la direction de l'Environnement réalisent un prélèvement minimum une fois par semaine. Ce prélèvement est rapatrié au laboratoire pour une batterie d'analyses. Selon Valérie Davenet, les analyses portent sur les paramètres physico-chimiques grâce à une sonde multiparamètres, l'observation visuelle des macrodéchets, ainsi que la surveillance du pH et de la température de l'eau. Le volet le plus important en termes de santé publique est la partie bactériologique, notamment la recherche de matières fécales.

Concrètement, deux prélèvements sont systématiquement effectués. Un premier test dit « rapide » dont le résultat est connu dès le lendemain, et un second de « confirmation » qui nécessite 48 heures d'attente. Raphaël Simonet, chargé de mission à la direction de l'Environnement, explique que ce test rapide permet d'effectuer un deuxième prélèvement immédiatement si un problème est détecté, et d'interdire la zone de baignade de manière ponctuelle si nécessaire. Le second prélèvement offre plus de précision et renseigne davantage les équipes, qui s'appuient également sur une connaissance pointue du milieu marin acquise grâce à leurs missions de surveillance de la biodiversité depuis plusieurs années.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une qualité d'eau globalement bonne

Malgré une forte fréquentation des sites de baignade, la direction de l'Environnement assure que la qualité de l'eau des plages de la Principauté est actuellement « bonne » et que celles-ci ne sont que « rarement » fermées. Valérie Davenet rappelle que la Principauté n'a jamais connu d'interdiction de baignade pour cause de présence de bactérie. La qualité de l'eau a déjà été moyenne, mais la situation ne présentait pas de risque pour la santé des baigneurs. Une petite alerte peut déclencher un suivi accru, mais en vingt ans, seules quelques fermetures ont eu lieu en raison de macrodéchets ou de nappes d'hydrocarbures. La direction est en lien avec les autorités françaises qui préviennent des arrivées potentielles, et dans ces cas-là, la fermeture est immédiate sans analyses préalables.

Cet été, une seule fermeture préventive a eu lieu au niveau du Méridien, pour une raison non identifiée. Selon Raphaël Simonet, il s'agissait d'un phénomène rapide sur deux heures, mais le principe de précaution a été appliqué le temps d'obtenir des résultats complémentaires. Ces épisodes ne s'étendent jamais dans la durée.

Les raisons de la bonne qualité de l'eau

La bonne santé relative des eaux de baignade monégasques s'explique principalement par le traitement des eaux usées. Les eaux usées sont prises en charge par l'usine de traitement des eaux de Monaco, qui atteint un niveau de dépollution jusqu'à 99 % avant le rejet en mer. En dehors de la Principauté, la dégradation de l'eau est souvent due à des rejets de stations d'épuration ou de fleuves. À Monaco, il n'y a pas d'industries qui rejettent des déchets dans l'eau, et tout est traité. De plus, les embarcations ont l'interdiction de rejeter leurs eaux grises, même si certains contournent la loi au large.

La situation topographique du Larvotto, dont la baie est « assez ouverte », et les travaux récents d'enrochement ont permis une meilleure circulation de l'eau. Cependant, l'eau souffre d'une hausse de sa température, qui a grimpé jusqu'à 29 degrés récemment, ce qui peut avoir des conséquences indirectes sur sa dangerosité.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

La surveillance des microalgues

La hausse de la température de l'eau joue sur l'apparition de microalgues. À Monaco, comme quasiment partout ailleurs en Méditerranée, une microalgue appelée ostreopsis ovata fait l'objet d'une surveillance depuis 2007 au Larvotto. Selon Raphaël Simonet, cette microalgue est invisible à l'œil nu et se développe sur les rochers. Lorsqu'elle remonte à la surface et se dégrade, elle peut être toxique et provoquer des allergies respiratoires. À partir d'un certain seuil de concentration, cette algue libère une toxine dans l'air. À Gênes, en Italie, elle a incommodé plusieurs personnes qui ont dû être conduites à l'hôpital, et plusieurs plages ont été contraintes à la fermeture. Valérie Davenet constate que ces phénomènes, qui n'étaient pas observés en Méditerranée mais plutôt dans des zones plus tropicales, arrivent aujourd'hui plus fréquemment à cause de chaleurs plus intenses. En revanche, la hausse des températures n'a aucune incidence sur les bactéries, qui ne sont pas multipliées en cas de température élevée de l'eau.