Sécheresse : la récolte de pommes de terre chuterait de 23 %
Sécheresse : récolte de pommes de terre en chute de 23 %

Les producteurs de pommes de terre s'attendent à une chute de 23 % de la récolte nationale cette année, conséquence directe de la sécheresse qui sévit depuis plusieurs mois. Cette estimation, révélée par les organisations professionnelles du secteur, inquiète l'ensemble de la filière, de la production à la transformation.

Une estimation alarmante pour la filière

Selon les données communiquées par les syndicats agricoles et les interprofessions de la pomme de terre, la production 2026 pourrait atteindre seulement 77 % du volume habituel. Cette prévision repose sur des relevés effectués dans les principales zones de culture, notamment dans le nord de la France, où la sécheresse a particulièrement affecté les sols.

Les producteurs interrogés par Libération décrivent des plants rabougris, des tubercules de plus petite taille et des rendements en baisse dans la plupart des exploitations. « Nous n'avons pas connu une telle situation depuis 1976 », confie un agriculteur de la Somme, qui préfère rester anonyme. « Les réserves en eau sont au plus bas, et les arrêtés préfectoraux limitent déjà les prélèvements pour l'irrigation. »

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Des impacts économiques et alimentaires

Cette chute de production aura des répercussions directes sur les prix à la consommation. Les transformateurs, qui utilisent la pomme de terre pour les frites, les chips et autres produits dérivés, devront faire face à une offre réduite, ce qui pourrait entraîner une hausse des tarifs dans les prochains mois. Les contrats entre producteurs et industriels, souvent signés à l'avance, devront être renégociés.

La filière représente en France près de 150 000 emplois directs et indirects, et la pomme de terre est le troisième poste de consommation alimentaire des ménages, après le pain et les pâtes. Une baisse de 23 % de la récolte pourrait donc peser sur le budget des familles, déjà contraintes par l'inflation.

Des solutions à l'étude

Face à cette situation, les organisations professionnelles appellent à une adaptation des pratiques culturales et à un soutien accru des pouvoirs publics. Parmi les pistes évoquées : le développement de variétés plus résistantes à la sécheresse, l'amélioration des systèmes d'irrigation et la mise en place de mesures d'indemnisation pour les exploitations les plus touchées.

Le ministère de l'Agriculture a indiqué qu'il suivait la situation de près et qu'il étudiait des dispositifs d'aide exceptionnels. Les producteurs, eux, espèrent que la pluie reviendra rapidement, mais les prévisions météorologiques à court terme ne laissent entrevoir aucune amélioration significative.

Dans l'attente, les professionnels du secteur se préparent à une année difficile, avec des répercussions possibles sur l'ensemble de la chaîne alimentaire. La prochaine étape sera la récolte d'automne, dont les résultats définitifs confirmeront ou infirmeront ces premières estimations.

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