Le baleinier basque San Juan, star du festival maritime de Pasaia
San Juan, vedette du festival maritime de Pasaia

Vedette de la quatrième édition du festival maritime de Pasaia, dans la province du Guipuscoa, la réplique du baleinier du XVIe siècle est le navire le plus convoité parmi ceux présentés jusqu'à dimanche. Certains viennent de loin pour l'observer, d'autres en parlent avec émotion. Reportage à bord d'un monument local.

Une foule dense pour le San Juan

Ce vendredi midi, la foule était dense pour monter à bord du San Juan. Sur les quais du port de Pasaia, il ne faisait aucun doute que le baleinier basque du XVIe siècle était la grande vedette de cette quatrième édition du festival maritime. Sur Internet, tous les créneaux de visite affichaient complet depuis plusieurs jours. Le baleinier basque du XVIe siècle a été reconstitué à la perfection, ne manquant que la pose des voiles, des mâts et des gréements.

Un engouement mérité

Cet engouement est à la hauteur de ce navire pas comme les autres, amarré quasiment à domicile puisqu'il a été reconstruit à quelques centaines de mètres de là, dans le chantier maritime d'Albaola. « Le San Juan est ici chez lui », confirme un passant. Ou plutôt de retour : l'original avait sombré en 1565 à Red Bay, au Canada, avant que la découverte de son épave, presque intacte, en 1978, ne permette sa renaissance.

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Un jour important

Mis à flot l'an dernier devant une foule compacte après plus de dix ans de chantier, le navire doit subir quelques dernières interventions, notamment la pose des mâts, voiles et gréements, ce qui devrait prendre environ un an, avant de traverser l'Atlantique en 2027 sur les traces de son ancêtre jusqu'aux côtes canadiennes. Une trentaine de matelots prendront part à cette traversée de près de deux mois, réalisée au plus proche de celle du XVIe siècle. L'occasion est donc idéale, cette année, d'approcher le monument local avant qu'il ne reparte. C'est d'ailleurs la première fois que les gens peuvent le découvrir sur l'eau. « Voir les gens monter à bord aujourd'hui, c'est beaucoup d'émotion », confirme Nerea Gomez, guide d'Albaola. « Le fait, surtout, de le sentir bouger, de le voir dans son environnement, c'est unique. » Même sentiment pour Aitor Edroso, charpentier de marine mobilisé sur le chantier depuis des années. « C'est un jour important et une étape de plus dans un projet de longue date. Les gens nous demandaient depuis longtemps quand ils pourraient enfin le visiter. »

Des touristes venus du Canada

Parmi les visiteurs, Roberto, venu spécialement pour le week-end : « Le voyage était prévu depuis des mois. » Pari gagnant. « Le bateau est impressionnant ! Mais ce qui est plus fort encore, c'est de pouvoir s'imaginer ces Basques traverser l'Atlantique pour aller au Canada et chasser la baleine… C'est assez fou ! » Les visiteurs peuvent découvrir les différents niveaux du San Juan, ses ponts et ses cales. La notoriété du navire dépasse d'ailleurs les frontières basques. Canadienne anglophone, Mickaëla a parcouru 4 000 kilomètres depuis Terre-Neuve-et-Labrador, où elle vit, spécialement pour monter à bord du navire, dont elle est passionnée et auquel elle a consacré un podcast. « C'est merveilleux d'être ici ! Et c'est très inspirant de voir cette passion du peuple basque, cet engagement absolu à recréer le San Juan aussi fidèlement que possible à l'original. »

Il n'a pu l'être qu'avec le soutien des chercheurs canadiens qui ont étudié, des années durant, les vestiges du San Juan et ont réalisé les plans nécessaires à sa reconstruction. Aménagé juste à côté du navire, un stand est d'ailleurs consacré au Canada, invité d'honneur de cette édition. La boucle est bouclée. Le festival se prolonge jusqu'à dimanche avec la possibilité de visiter les navires jusqu'au soir, à 19h30.

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