Gendarme jugé pour avoir contraint ses compagnes au libertinage à Versailles
Gendarme jugé pour contrainte au libertinage à Versailles

Un gendarme jugé pour avoir imposé des pratiques libertines à ses compagnes

Ce vendredi, Philippe R., 35 ans, ancien gendarme mobile à Satory (Versailles) et aujourd'hui affecté en Seine-et-Marne, comparaissait devant la septième chambre du tribunal correctionnel de Versailles pour des violences sur conjoint. Il est accusé d'avoir contraint deux jeunes femmes, avec lesquelles il a eu des relations de couple entre 2018 et 2023, à avoir des rapports sexuels avec d'autres hommes et à les filmer.

La procureure a requis une peine de douze mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, ainsi qu'une interdiction de porter une arme et d'exercer la profession de gendarme pendant cinq ans. Elle a également demandé un stage de sensibilisation aux violences conjugales et un suivi psychologique, jugé « hautement nécessaire ». Le tribunal rendra sa décision le 26 juin 2026.

Un système de contrôle coercitif

Les deux victimes, S. et D., ont décrit un mécanisme infernal de dénigrement, chantage à la rupture et emprise psychologique. Philippe R. justifiait ses actes comme des « jeux » libertins, mais les messages SMS versés au dossier – 2000 pages – montrent une pression constante. « C'est un peu comme quand on dresse des animaux », a témoigné S., évoquant un système « basé sur la récompense ».

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Les insultes, les humiliations et les menaces étaient monnaie courante. « Je respecte plus les chiens que toi : la porte est ouverte », écrivait-il à S. À D., qui exprimait son dégoût, il répondait : « Petite joueuse ! » et « Bah tu vomiras sur sa b… ». La jeune femme a confié avoir pensé au suicide, recevant comme réponse : « Bah vas-y ! ».

Des victimes marquées à vie

S. a mis trois ans de thérapie pour comprendre ce qu'elle a vécu. « Il m'avait complètement isolée de mes proches. Si je n'acceptais pas, c'était l'enfer à la maison », a-t-elle déclaré. D., désormais officier dans l'armée de terre, panse « doucement » ses plaies. Toutes deux ont dû « réapprendre à avoir une sexualité normale ».

Le président du tribunal a exprimé son inquiétude : « Vous oscillez entre le marteau et la récompense. Comment allez-vous aborder les dossiers de violences envers les femmes ? » L'avocat des parties civiles a souligné la gravité des faits, rappelant l'affaire de Mazan. La procureure a conclu : « Il n'a rien compris, aucune remise en question : il recommencera. »

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