Rougeline : le géant de la tomate mise sur la robustesse
Rougeline : le géant de la tomate mise sur la robustesse

Le groupe marmandais Rougeline, premier producteur de tomates en France, affiche des résultats solides malgré un contexte agricole difficile. Avec un chiffre d'affaires en hausse de plus de 5% (215 millions d'euros) et des volumes en progression de 4% en 2025, l'entreprise s'adapte aux défis du secteur. Son directeur général, Gilles Bertrandias, détaille les stratégies mises en œuvre pour assurer la pérennité du groupe.

Des résultats encourageants dans un environnement tendu

Interrogé sur ces bons chiffres, Gilles Bertrandias souligne que la structure Rougeline se porte bien, tout comme ses producteurs. Cependant, il nuance : « On ne peut pas avoir qu'un raisonnement macro. Il y a des situations difficiles, comme partout. » Structurellement, 10% des exploitations rencontrent des difficultés, contre 20% il y a dix ans. Pour le dirigeant, le modèle de Rougeline offre une sécurité dans une filière fruits et légumes chahutée, ce qui se traduit par une attractivité et des investissements continus, avec en moyenne 10 hectares de serres construits chaque année.

Un modèle de production sous serres

Rougeline rassemble 197 producteurs spécialisés en maraîchage sous serres, couvrant environ 350 hectares. « Près de 100% de nos surfaces sont sous serres, explique Gilles Bertrandias. On ne conçoit pas de faire du maraîchage si la production n'est pas abritée, car il y a trop de risques. » Les serres permettent de sécuriser les semis, plantations et récoltes, même si une part d'aléa climatique subsiste.

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Une mosaïque de modèles

Le projet stratégique à l'horizon 2030 repose sur une diversification des modèles de serres. Outre les serres vitrées très technologiques et coûteuses, Rougeline développe des abris légers en plastique, moins onéreux, avec une consommation d'intrants réduite. « On sait s'adapter en fonction des cultures et des contextes », précise le directeur général.

La décarbonation au cœur des priorités

Les systèmes de chauffage ont considérablement évolué. « Le système classique de la chaudière au gaz naturel, c'est fini », affirme Gilles Bertrandias. Aujourd'hui, Rougeline utilise la géothermie, les chaudières au bois et les pompes à chaleur. « Environ 45% de nos surfaces de serre utilisent une énergie décarbonée. Nous sommes le premier groupe en France à être aussi avancé. » L'entreprise explore également l'association avec des micro data centers pour réutiliser la chaleur émise.

Nouvelles productions : le poivron en ligne de mire

Face au réchauffement climatique, Rougeline relance une filière de ratatouilles, notamment le poivron. En Espagne, la production de poivrons diminue en raison des conditions climatiques, créant une opportunité pour produire en France et approvisionner le marché local.

La robustesse comme philosophie

La stratégie de Rougeline met l'accent sur la robustesse plutôt que sur l'ultra-performance. « Le contexte géopolitique entraîne des crises énergétiques et des fluctuations des intrants, explique Gilles Bertrandias. Viser la performance ultime est risqué. Nous travaillons dans une logique de robustesse, en adaptant les stratégies et en sécurisant la maîtrise des coûts de production. » La notoriété de la marque Rougeline, actuellement de 30 à 35%, est un élément clé de cette robustesse, avec l'ambition d'atteindre 50%.

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