En Lozère, la préfecture a organisé une conférence de presse le 21 août 2026 pour rappeler son engagement face aux attaques de loups, alors que la tension monte avec les éleveurs. Actuellement, 229 éleveurs du département disposent d'une autorisation préalable de tir de défense et peuvent abattre un loup qui s'approche d'un troupeau. Cette annonce fait suite à des actions de protestation, notamment la pendaison de deux brebis aux grilles de la préfecture dimanche dernier et l'affichage de fausses affiches usurpant la qualité de l'Office national de la biodiversité (OFB) dans le secteur de la Margeride.
Un cadre réglementaire renforcé par la loi d'urgence agricole
Le préfet de la Lozère, Gilles Quénéhervé, a rappelé que la préfecture a une double mission : la préservation de l'espèce et la mise en sécurité des troupeaux. Il a souligné qu'il « ne peut qu'agir dans le cadre réglementaire prévu », un cadre qui a récemment évolué avec la promulgation de la loi d'urgence agricole le 19 août 2026. Cette loi assouplit les conditions permettant les tirs de défense, mais aussi les tirs de prélèvement dans les zones où les dommages sont exceptionnels.
En 2026, le nombre d'attaques et de victimes reste stable par rapport à 2025. Pour le mois d'août, 84 constats d'attaque ont été relevés, pour 464 victimes et 64 indemnisations, conditionnées à la reconnaissance avérée ou non exclue de l'attaque par le loup. La pression de la prédation se concentre principalement vers Saint-Alban-sur-Limagnole et La Malène.
Conditions d'accès aux tirs et aides financières
Tous les éleveurs d'ovins et de caprins peuvent bénéficier d'une autorisation de tir de défense sans conditions particulières. En revanche, pour les équins et bovins, l'éleveur doit avoir mis en place des mesures de protection — chiens, électrification du parc — afin de pouvoir demander cette autorisation. Par ailleurs, pour être indemnisés dans les secteurs où la présence de loups est active (communes classées en cercle 1 et 2), les éleveurs doivent impérativement mettre en place des mesures de protection, et ce à compter du 3e dommage subi.
La préfecture de la Lozère aide financièrement les éleveurs à se doter de moyens de protection contre la prédation. Le préfet a assuré : « En 2026, l'emploi de 48 bergers et 202 chiens vont être subventionnés pour protéger les troupeaux. » Ces mesures visent à concilier la protection des troupeaux et la préservation de l'espèce, dans un contexte où les attaques augmentent drastiquement durant l'été.
Les tirs de prélèvement encadrés par un quota national
Dans les zones où les dommages sont exceptionnels, une opération collective et préfectorale de destruction peut être mise en place, réalisée par un lieutenant de louveterie ou un agent de l'OFB. Ces tirs de prélèvement et de défense sont encadrés par un quota national ne pouvant dépasser 21 % de l'effectif moyen de loups estimé en 2026, soit 227 individus. Cependant, cette estimation comporte nécessairement une marge d'erreur, car le réseau Loup-Lynx, chargé du suivi de la population, ne peut recenser avec certitude chaque individu présent sur le territoire.
Cette incertitude soulève une question alors que les conditions permettant les tirs ont été assouplies : comment déterminer le niveau de prélèvement soutenable d'une population qu'on ne connaît pas avec certitude et dont les paramètres démographiques évoluent ? Les données disponibles montrent une baisse de la survie des loups depuis plusieurs années, passant de 72 % sur la période 2014-2018 à 66 % entre 2018 et 2025. Cette tendance pourrait avoir des implications pour la gestion future de l'espèce et des troupeaux en Lozère.



