À Séranon, dans l'arrière-pays de Grasse, Clément Constantin (27 ans) et Mathilde Plaza Onate (25 ans) viennent de lancer leur projet de vie : un élevage de poules pondeuses plein air. Installés depuis un mois, ils accueillent 500 poules rousses dans un poulailler géant, avec la promesse d'un accès à un pré arboré. « On aime les animaux, c'était plein air ou rien », sourit Mathilde, entourée de ses deux border collies et d'un chat.
Un projet mûri entre ville et nature
Clément, fils de commerçants grassois et passionné de sport, voulait échapper au travail de bureau. Mathilde, Parisienne et cavalière, rêvait d'une pension pour son poney Shamane. Après avoir envisagé l'apiculture, ils se sont tournés vers les poules. Une immersion dans un élevage en Corse les a confortés. En janvier 2025, ils ont acheté un terrain de sept hectares avec maison, gîtes et écuries, au 126 chemin de Sainte-Brigitte, ancien haras de Séranon. Ainsi est né Seran'oeuf.
Un investissement de 150 000 euros
Le projet a nécessité 150 000 euros d'investissement, avec l'aide de la Chambre d'agriculture et de la famille. En deux mois, ils ont construit deux poulaillers de 82 m² chacun, équipés de nourrissage automatisé trois fois par jour et d'un local d'emballage. « Mon beau-père Claude et mon cousin Jean-Paul nous ont beaucoup aidés », précise Clément. Il reste à poser les grillages de l'enclos de 2 000 m² où les poules vivront en liberté. Début 2027, 500 poules supplémentaires rejoindront le second poulailler, portant le cheptel à 1 008 volailles, soit près de 900 œufs par jour.
Production en montée en puissance
Les poules, âgées d'une vingtaine de semaines, produisent déjà plus de 140 œufs par jour. « Elles doivent fournir 30 % de la production avant de vivre en plein air. Il faut mirer les œufs, les calibrer à 53 g minimum. Les boîtes sont prêtes, les étiquettes arrivent bientôt. Tout devient concret, cela fait plaisir », se réjouit Clément. Les œufs seront vendus 3,50 euros les six, principalement par Christine, la mère de Clément, sur les marchés de Grasse le mercredi et de Saint-Cézaire le samedi, ainsi que dans des commerces locaux, en circuit court.
Des projets d'avenir
Si l'aventure réussit, le couple envisage d'ajouter d'autres poulaillers. « On est jeunes, on a l'espace et toute la vie ! » conclut Clément. Contact : seranoeuf@gmail.com.



