Inondations en Lot-et-Garonne : un éleveur perd 8 800 poussins, victime des crues et de la crise agricole
Inondations : un éleveur perd 8 800 poussins en Lot-et-Garonne

Une nuit tragique pour un éleveur de poulets Label rouge

Frédéric Princic, installé à Aiguillon depuis son enfance, connaît parfaitement les caprices de la Garonne et du Lot. Pourtant, dans la nuit de jeudi à vendredi, l’eau a franchi toutes les barrières, submergeant ses bâtiments d’élevage. Plusieurs digues ont cédé autour de son exploitation, située à Jusix, Aiguillon, Port-Sainte-Marie, provoquant une montée des eaux imprévisible et dévastatrice.

8 800 poussins perdus dans les flots

L’eau a rapidement atteint les pattes de ses 8 800 poussins âgés de seulement 8 jours. « Il y avait 20 centimètres jeudi soir, 40 vendredi », raconte l’éleveur, la voix tremblante. La température, initialement à 35 degrés, a chuté brutalement. Les animaux, les pieds dans l’eau et mouillés, sont morts de froid et noyés. Frédéric Princic n’a rien pu faire pour les sauver, tous ses bâtiments étant inondés et les routes d’accès coupées.

Un traumatisme moral et financier

Au-delà du manque à gagner, estimé à plusieurs milliers d’euros, l’éleveur insiste sur l’aspect émotionnel. « On élève du vivant. Mes poulets gambadent dehors lorsqu’ils sont assez grands. Ce ne sont pas des pieds de melon ou des plants de fraises », confie-t-il, les yeux embués. Ses petits-enfants, qui adorent venir sur l’exploitation, partagent sa peine.

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Tempête Nils et crise agricole : un cumul de difficultés

Les inondations ne sont pas la seule épreuve. Frédéric Princic a aussi subi d’importants dégâts avec le passage de la tempête Nils. Tous ses acacias sont à terre, et un bâtiment d’élevage, qu’il souhaitait remettre en route, a été soufflé, sa laine de verre dispersée en morceaux. « Je vais devoir nettoyer et attendre plus longtemps que prévu pour réutiliser ce bâtiment », explique-t-il, ajoutant qu’il manque d’argent pour une bâche.

L’éleveur alerte sur la crise agricole qui frappe le secteur. « 2026 va faire très mal dans les exploitations », prédit-il, soulignant la vulnérabilité accrue des agriculteurs face aux intempéries. Malgré tout, une petite consolation : il a réussi à sauver ses quinze poules, un maigre réconfort dans cette tourmente.

Visite des autorités et soutien

Ce mardi 17 février, le préfet Bruno André s’est rendu sur l’exploitation de Frédéric Princic, accompagné de la FDSEA, pour constater les dégâts. L’éleveur a fait sa déclaration à l’assurance, mais anticipe un processus long et complexe. Cette visite symbolise le soutien institutionnel face à une catastrophe qui dépasse le simple cadre climatique, touchant au cœur de l’économie locale et du bien-être animal.

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