Grêle dans le Gard : vignes et serres ravagées, vignerons et maraîchers dans le désarroi
Grêle dans le Gard : vignes et serres ravagées, vignerons désemparés

Dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 août, de violents orages accompagnés de grêle ont frappé le Gard, causant d'importants dégâts à Sabran et Bagnols-sur-Cèze. Les vignes du Château des Corrèges et du domaine Lefebvre d'Anselme ont subi des pertes significatives, tandis que les serres des maraîchers les Frères Bolle ont été lourdement endommagées.

Des grêlons « gros comme des balles de golf »

« C'étaient des boulards », décrit Sarah, qui reçoit à l'accueil du magasin des Frères Bolle. Ces producteurs maraîchers, situés route des Cévennes à Bagnols-sur-Cèze, ont fait les frais de cet événement météorologique. À l'arrière de la boutique, d'énormes trous parcourent le toit de leur serre en verre de 5 000 m². « Et les vitres continuent de tomber, atteste Sarah, car les grêlons les ont fragilisées. On est donc en train de tout sécuriser par le dessus en faisant tout tomber. Puis il faudra évacuer le verre, enlever les cultures de cet été – qui étaient déjà brûlées à cause de la canicule – et trier la terre à la main car la semaine prochaine, normalement, on doit commencer les plantations d'hiver. Ça va être sportif ».

C'est la première fois que ces serres, vieilles de plus de 80 ans, sont touchées par un tel épisode. « Jusque-là, on était passé à côté mais là on était en plein dans le couloir », lâche la maraîchère. L'heure est aujourd'hui au constat. « On va voir comment faire notamment pour l'hiver. D'habitude, la serre protège les légumes des maladies et des précipitations. Mais on n'est pas du genre à se laisser abattre », confie Sarah, qui espère que leur fidèle clientèle continuera à venir s'approvisionner chez eux pendant cette période de flou.

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Des vignes lourdement impactées à Sabran

À quelques kilomètres de là, au hameau du Colombier à Sabran, les vignes aussi ont souffert de ces grêlons « gros comme des balles de golf », image le vigneron indépendant Marin Lefebvre. Après une nuit compliquée, il a passé la journée de vendredi à faire le tour de son exploitation, à prélever des raisins, à les envoyer en analyse au laboratoire, à discuter avec les œnologues. Selon ses estimations, environ 6 hectares, sur les 15 qu'il possède, ont été lourdement impactés. « Beaucoup de feuilles et de raisins ont été abîmés », indique-t-il.

En se penchant sur un pied de grenache, qu'il vendange, en temps normal, entre fin septembre et début octobre, il ajoute : « Si je ramasse là, ça fera un vin à 8 degrés et si je ramasse plus tard, ce sera pourri car les plaies créées par la grêle attireront des moucherons ». D'où sa décision, pour cette année, de ne vinifier que les dix autres hectares qui, eux, situés dans d'autres secteurs, n'ont pas été touchés : « Je n'ai pas le droit de faire des vins moyens ».

Marin Lefebvre a repris il y a trois ans cette exploitation familiale. Ce n'est pas la première fois qu'il prend de la grêle, déjà à la mi-juillet 2025. Mais c'était avant la véraison, ce moment où les grains changent de couleur. « Les raisins étaient plus solides, et puis le mistral avait permis de sécher les plaies », lance-t-il.

Une perte de 30 à 40 % au Château des Corrèges

Toujours à Sabran, mais dans le hameau de Carme, les 27 hectares de vignes du Château des Corrèges ont connu deux épisodes de grêle cette année : celui de la nuit du 21 août et un autre datant du dimanche précédent. Là aussi, les conséquences sont visibles : grappes de raisin au sol, baies fendues, feuilles hachées… « En quelques heures, on voit le fruit de notre travail tomber au sol. On est dans le désarroi », lâche Pierre Vidal.

Selon lui, cette grêle va entraîner une perte de « 30 à 40 % » de son rendement. Reste désormais à trouver « un équilibre » entre une bonne maturité des raisins et leur état sanitaire. Mais, dans tous les cas, les vendanges qui n'étaient pas prévues avant une dizaine de jours devront être avancées. Pour celui qui est président des vignerons indépendants du Gard, et qui milite pour un changement du mode de calcul de l'État pour l'assurance récolte, « c'est une année de plus où l'on subit des aléas climatiques, une année de plus où ça va être dur ».

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