Feu vert contesté pour une usine de saumons en Gironde
Feu vert contesté pour une usine de saumons en Gironde

Le projet contesté d'élevage de saumons en circuit fermé au Verdon-sur-Mer (Gironde) a obtenu un nouvel avis favorable. Jeudi, le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) a donné un avis positif à la demande d'autorisation environnementale, sur laquelle la préfecture doit désormais se prononcer.

Un projet de 280 millions d'euros

Porté par la société Pure Salmon, ce projet de 280 millions d'euros prévoit l'implantation d'une usine sur 14 hectares au bout de l'estuaire de la Gironde. L'objectif est de produire 10 000 tonnes de saumon par an et de créer 400 emplois. Financé par un fonds d'investissement singapourien, l'entreprise défend « un enjeu de souveraineté alimentaire », alors que 99 % du saumon consommé en France est importé.

Un avis consultatif partagé

Le Coderst, composé de 22 membres, s'est prononcé à 14 voix pour et 8 contre. « Cet avis consultatif précède la décision de la préfète de la Gironde pour délivrer par arrêté l'autorisation environnementale dans les semaines à venir », a annoncé la préfecture dans un communiqué.

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Une opposition croissante

Ces avis favorables successifs interviennent alors qu'une proposition de loi, soutenue par une centaine de députés et déposée en mars 2025, réclame un moratoire de dix ans sur ces fermes-usines de saumons. Elle n'a pas été examinée depuis à l'Assemblée nationale. Par ailleurs, 27 ONG ont dénoncé dans un Appel pour l'océan un projet « complètement démesuré » qui menacerait l'écosystème du plus grand et plus sauvage estuaire d'Europe, avec des rejets de boues nuisibles à la pêche et à la conchyliculture.

La défense de Pure Salmon

La société Pure Salmon répond que sa « technologie éprouvée » garantit « un impact maîtrisé sur la biodiversité », que « le bien-être animal est au cœur du projet » et que son approvisionnement obéit à des « normes strictes », assurant aux saumons une alimentation « responsable et traçable ».

Des avis divergents au gouvernement

Le projet divise également au sein du gouvernement. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s'était dite « à titre personnel, pas favorable » lors d'une audition au Sénat en avril. En revanche, le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin, a estimé mi-juin que « dès lors que le projet respecte notre cadre, et je crois que c'est plutôt le cas, il n'y a aucune raison qu'il ne se fasse pas ».

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