Eric Layly, président des distributeurs de carburants dans les Alpes-Maritimes, analyse la place du superéthanol E85 sur le marché actuel, alors que les prix des carburants flambent en France.
Une demande en stagnation malgré la crise
Les ventes d'E85 représentent 5,7 % du marché total des essences, hors gazole. En 2025, par rapport à 2024, elles ont stagné. Pendant ce temps, le marché de l'essence progresse d'environ 7 % par an, tandis que le gazole est en baisse de 3 à 4 %. Il y a un transfert des véhicules diesel vers les véhicules essence ou essence hybride, mais cela ne bénéficie pas à l'E85.
Pourquoi ? Peu de constructeurs proposent des modèles compatibles. Le nombre de professionnels installant des boîtiers de conversion a diminué. La mode de l'E85, jusqu'à cette crise, était un peu passée.
Un atout fiscal majeur
L'E85 bénéficie d'une fiscalité très avantageuse. La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) est plus faible sur l'E85. En TTC, elle s'élève à 14 centimes par litre, contre 80 centimes pour le SP95-E10, le SP98 et le gazole.
Une stabilité menacée
Cependant, cette fiscalité est à la main des gouvernements en Europe, avec un minimum de taxes européennes. Dans le projet de loi de finances pour 2026, le gouvernement voulait initialement supprimer l'avantage fiscal de l'E85. La FNSEA (syndicat agricole majoritaire) est montée au créneau, et cela n'a pas eu lieu. Mais rien n'est acquis : cette fiscalité pourrait évoluer à l'avenir.
Eric Layly souligne que la demande d'E85 a sextuplé par le passé, mais que l'incertitude réglementaire freine son développement. Pour les consommateurs, le superéthanol reste une solution économique, mais son avenir dépend du maintien de cet avantage fiscal.



