La menace du scarabée japonais se précise sur la Côte d'Azur. Cinq nouveaux spécimens de Popillia japonica, insecte ravageur redouté par les agriculteurs, ont été capturés à Mougins, portant à sept le nombre de détections dans les Alpes-Maritimes depuis le début de la surveillance renforcée, a annoncé la préfecture dans un communiqué du 28 juillet 2026.
Les cinq insectes ont été piégés « à proximité d'un site identifié comme présentant un risque particulier ». L'identification officielle a été confirmée par le laboratoire national de référence de l'ANSES (unité d'entomologie et de botanique), soulignent les autorités préfectorales.
Dispositif de surveillance renforcé
Face au risque d'installation durable de ce coléoptère, la réaction a été immédiate. « Dès cette confirmation, le dispositif de surveillance a été renforcé », indiquent les services de l'État. Des pièges supplémentaires ont été posés et des « prospections intensives sont actuellement conduites par les agents de la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF) ».
Cette traque ciblée sera maintenue ces prochaines semaines afin d'« évaluer précisément la situation phytosanitaire et de détecter rapidement toute évolution », précise la préfecture. Les agents inspectent les zones à risque, notamment les pépinières, les espaces verts et les abords des axes de transport.
Un ravageur polyphage redoutable
Originaire d'Asie, Popillia japonica est classé « organisme de quarantaine prioritaire » au titre de la réglementation européenne. Sa présence déclenche une obligation stricte de surveillance et de lutte en raison des ravages majeurs qu'il occasionne. Selon l'ANSES, l'insecte est « capable de s'attaquer à plus de 300 espèces végétales », ravageant la vigne, les arbres fruitiers, le maïs, les gazons ou les plantes ornementales.
Le scarabée japonais se reconnaît à sa tête et son thorax vert brillant, ses élytres marron, sa petite taille (inférieure à une pièce d'un centime d'euro) et une touffe de soie blanche sur le pourtour de l'abdomen. Les dégâts causés par les adultes se manifestent par un squelettisation des feuilles, tandis que les larves s'attaquent aux racines des graminées.
Présent en Italie et en Suisse, arrivé en France en 2025
Présent en Italie depuis 2014 et en Suisse depuis 2017, le scarabée a été repéré pour la première fois en France en 2025. Surnommé l'« auto-stoppeur », il voyage très facilement de façon passive sur « les véhicules, marchandises, bagages ou végétaux », ce qui rend sa propagation particulièrement redoutable sur le territoire. Les autorités craignent une installation durable dans le sud-est de la France, où le climat méditerranéen lui est favorable.
La préfecture appelle les citoyens à signaler tout spécimen suspect et à éviter de transporter des végétaux ou du terreau depuis les zones infestées. Des mesures de lutte intégrée, combinant piégeage, traitements biologiques et destruction des plants infestés, sont en préparation pour contenir l'invasion.



