La Ville de Cannes a choisi le groupe Elior Restauration France comme nouveau prestataire de sa restauration collective, en remplacement de Sodexo. Le contrat, signé pour une durée de 22 ans, prévoit la construction d'une nouvelle cuisine centrale sur le site actuel de la Bocca, chemin rural de la Frayère. Les travaux, d'un montant de 7,61 millions d'euros, sont entièrement pris en charge par Elior. La livraison est espérée pour juillet 2028, mais le changement de prestataire interviendra dès le 1er septembre 2026.
Un cahier des charges exigeant pour la qualité des repas
Selon la municipalité, les repas servis devront respecter des critères stricts : 30 % de fruits et légumes locaux, au moins 20 % de produits bio, et une composition à quatre composantes. Le maire David Lisnard a salué un « très beau résultat de négociation » qui préserve la qualité nutritionnelle et le pouvoir d’achat des familles. Le prix du repas pour les écoles reste fixé à 3,60 euros (tarif unique). Par ailleurs, le coût supporté par la commune baisse : il passe de 9,58 euros à 9 euros en maternelle, et de 10,01 euros à 9,50 euros en élémentaire.
Une nouvelle cuisine centrale pour remplacer des installations vieillissantes
La cuisine centrale actuelle, construite en 1993, présentait des problèmes d'humidité et d'hygiène signalés en avril 2025. Exploitée par Sodexo depuis 2019, elle n'était plus adaptée aux besoins. La Ville cherchait une solution depuis deux ans. En avril 2024, le recours à une délégation de service public avait été validé, mais les premières offres étaient trop élevées. En juin 2025, la Ville a relancé la procédure avec des besoins révisés. Les offres d'Elior et de Sodexo ont été réexaminées en mars 2026, aboutissant à un âpre processus de négociation.
Capacité de production et objectifs
La nouvelle cuisine, d'une superficie de 1 200 m², pourra produire jusqu'à 10 500 repas par jour, contre 8 000 actuellement. Cette augmentation permettra de répondre à la demande des écoles, des seniors et des bénéficiaires du CCAS, mais aussi de développer une clientèle tiers (entreprises, établissements de santé) pour assurer la viabilité économique de la délégation de service public. David Lisnard a précisé : « Plus Elior fera de repas tiers, plus l’équation de la DSP sera viable économiquement ».
La durée de 22 ans suscite des interrogations
La durée de la délégation, jusqu'au 31 août 2048, a été critiquée par l'élu de gauche Michel Hugues, qui s'est abstenu lors du vote. « 22 ans ! Je m’interroge, c’est trop long », a-t-il déclaré. En réponse, le maire a justifié cette durée par l'investissement nécessaire : « C’est parce que la durée est longue qu’on peut se faire financer toute la cuisine ». L'élu RN Hervé Flament a également questionné la qualité des produits et le réalisme des prévisions de repas. David Lisnard a assuré qu'il n'y avait pas eu de dégradation des critères, mais une vraie concurrence après une prolongation d'un an pour relancer les consultations.
Un impact concret dès septembre 2026
Dès le 1er septembre prochain, les repas seront préparés par Elior dans les installations provisoires, en attendant la nouvelle cuisine. Les critères de qualité (30 % local, 20 % bio, quatre composantes) s'appliqueront immédiatement. Le contrat prévoit également le maintien du tarif unique de 3,60 euros pour les familles, un point crucial pour le pouvoir d'achat.



