La canicule de l'été 2026 a provoqué des pertes agricoles colossales dans les Alpes-Maritimes. Selon Serge Graverol, responsable du pôle végétaux à la Chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes, les chutes de rendement oscillent entre 50% et 70% pour le maraîchage, et entre 50% et 60% pour l'arboriculture fruitière. Face à cette situation qualifiée d'« annus horribilis », la Chambre d'agriculture demande le classement du département en calamité agricole pour débloquer des aides d'urgence.
Des pertes dramatiques pour les cultures et l'apiculture
Les températures extrêmes, atteignant jusqu'à 50°C sous les serres et tunnels, ont perturbé le cycle biologique des solanacées (tomates, aubergines, poivrons), qui s'épanouissent normalement entre 25 et 28°C. Cela a entraîné la chute et l'avortement des fleurs, soit plus de 50% de pertes pour ces cultures. Les courgettes enregistrent également 50% de pertes, tandis que les haricots atteignent 70%.
L'apiculture est tout aussi sinistrée : la production de miel de lavande accuse 80% à 100% de perte, car les fleurs ont littéralement brûlé sous le soleil. Les pertes de foin atteignent 50% à 60%, obligeant les éleveurs à acheter du fourrage, tandis que le nourrissement des abeilles nécessite l'achat de sucre, alourdissant encore les charges des exploitants.
Impact économique et moral sur les exploitants
L'impact financier est brutal, avec un effondrement du chiffre d'affaires et une hausse des charges. À Gattières, un maraîcher a vu l'intégralité de sa production de mesclun brûler dès la pousse. Moralement, c'est le désarroi chez les agriculteurs, selon Serge Graverol. La cellule sécheresse a été réunie pour faire face à l'urgence, et la demande de classement en calamité agricole est en cours.
Adaptation à long terme face au réchauffement climatique
À long terme, l'adaptation du monde agricole est jugée vitale. Les projections Climadiag annoncent d'ici 2030 à 2050 un climat méditerranéen proche du sud tunisien ou marocain. La Chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes et le Département mènent des audits et organiseront un salon au printemps pour présenter des équipements concrets : filets d'ombrage, chaulage des serres, irrigation par aspersion et haies brise-vent. La recherche de variétés résistantes à la sécheresse et aux fortes chaleurs est également en cours.



