Face à Cholet, les Périgourdins ont encore démontré leur résilience, samedi 2 mai. Mais cela ne suffit pas toujours. « On est tombé sur plus fort que nous », a reconnu Alexandre Ménard, le coach de Boulazac Basket Dordogne, après la défaite au Palio. L'entraîneur périgourdin, rarement enclin à admettre la supériorité d'un adversaire, a dû se rendre à l'évidence face au rouleau compresseur choletais.
Un combat inégal dès le départ
Comme à chaque match, le BBD a tout donné. « L'équipe n'a rien lâché, c'est ce qu'on a vu pendant toute la saison, et on a essayé de se battre jusqu'au bout », a soufflé l'intérieur Cyrille Eliezer-Vanerot. Ménard, lui, se moque des étiquettes : « Petit Poucet ou pas, ce qu'on veut, c'est se bagarrer sur quarante minutes et toujours essayer de faire un petit peu mieux. » Personne ne peut enlever cela au BBD.
Cholet était tout simplement plus fort. Avec l'un des plus petits budgets du championnat, Boulazac a calé face à une formation qui vise régulièrement l'Europe et les play-offs, et qui dispose de rotations à rallonge. Les Maugeois ont évolué à onze joueurs, contre seulement neuf pour le BBD.
Une fin de saison sous tension
Il n'y aura peut-être pas de play-in, finalement. Pour y accéder, il faudrait gagner à Limoges puis face à Monaco, tout en espérant que Nancy perde à Cholet puis face à Saint-Quentin. Un scénario difficile à imaginer, mais sait-on jamais. Cela n'enlèverait rien à la magnifique saison du BBD, déjà ponctuée d'un maintien propre et mérité. « C'est remarquable ce qu'ils font, a commenté le coach choletais Fabrice Lefrançois. C'est une équipe promue, avec un petit budget, une des rares à avoir moins d'argent que nous. »
Les limites d'un effectif réduit
Ses joueurs se sont logiquement imposés, et pour Ménard, « je crois aussi que ça montre nos limites ». L'effectif, trop souvent plombé par des pépins physiques ou autres cette saison, est presque à bout de forces. Qu'en serait-il si, par exemple, Hugo Robineau n'avait pas manqué huit matches sur blessure ?
Contre les Maugeois, l'écart physique en fin de match a été criant, alors que Cholet a pu s'appuyer sur un Gérald Ayayi de gala (25 points, dont 12 dans les dix dernières minutes). « On perd trois quart-temps sur quatre quand même », a repris Ménard, finalement frustré : « On essaie de donner des solutions, mais sur le terrain, le manque de lucidité, la trop grosse pression fait qu'ils n'arrivent pas à exécuter ce qu'on aimerait faire. »
Des statistiques en baisse
Le BBD n'a distribué que 13 passes décisives, contre près de 19 de moyenne avant le match, et a perdu 17 ballons (contre 14,5 en moyenne). « On a bien senti qu'à la fin, on était vraiment sur les jantes, a poursuivi le technicien. Vraiment sur les jantes. On a ensuite été en difficulté pour avoir de la discipline, pour exécuter les choses qu'on avait travaillées. »
Les prises de décision ont parfois été difficiles, notamment pour les grands sur les short rolls et les petites ouvertures, où le tir était ouvert mais personne ne l'a pris. Les écrans ont été moins solides, et Cholet a usé physiquement. Ménard a comparé cette situation à ce que le BBD faisait la saison dernière en Élite 2, quand il mettait des coups de massue à ses adversaires et que cela payait dans le quatrième quart-temps. Cette fois, c'est Boulazac qui a encaissé.
« Mais il faut se relever, on va vider nos têtes et retourner au travail », a promis Eliezer-Vanerot. Il reste encore deux matches à gagner.



