Alexia Depagne, actuelle numéro 2 française et vice-championne du monde de baby-foot, mène un combat obstiné pour faire reconnaître sa discipline comme un sport en France. Contrairement à certains voisins européens comme la Belgique, l'Allemagne, la Suisse ou l'Italie, le baby-foot n'a pas le statut officiel de sport dans l'Hexagone. Cette absence de reconnaissance entraîne un manque de médiatisation et de sponsors, rendant difficile la professionnalisation des joueurs.
Un statut qui échappe au baby-foot
En France, pour être reconnue comme sport, une discipline doit disposer d'une fédération structurée, organiser des compétitions et répondre aux critères du Code du sport. Le baby-foot remplit plusieurs de ces conditions : il existe une Fédération française de baby-foot, des championnats nationaux, une Ligue des champions et des championnats du monde. Pourtant, le ministère des Sports ne l'a pas encore inscrit parmi les sports reconnus. Le nombre de licenciés est l'un des obstacles majeurs : environ 2 000 licenciés en France, contre 2,35 millions pour le football, 1,3 million pour le tennis et plus de 650 000 pour l'équitation. D'autres disciplines peu médiatisées comme le biathlon bénéficient pourtant du statut sportif, mais leur exposition médiatique est bien supérieure.
Le quotidien difficile des joueurs de baby-foot
Alexia Depagne, 32 ans, comptable de formation, témoigne des difficultés financières liées à cette absence de reconnaissance : « Lorsqu’on participe à un tournoi, il faut payer les frais d’inscription, le déplacement, l’hôtel, les repas… Même en remportant le titre, nous ne rentrons généralement pas dans nos frais, car les gains dépendent du nombre d’inscrits. » Elle ajoute qu'à sa connaissance, aucune personne ne vit du baby-foot en France, contrairement à d'autres pays. Depuis peu, elle se consacre à 100 % aux réseaux sociaux pour promouvoir sa discipline et collabore étroitement avec la Fédération française de baby-foot pour obtenir une reconnaissance officielle.
Un potentiel médiatique énorme
Malgré les difficultés, Alexia Depagne reste optimiste. Elle souligne le potentiel du baby-foot : « À chaque fois que je rencontre quelqu’un, que ce soit en voyage, à la salle de sport ou ailleurs, et que je parle de baby-foot, les gens ont tous une anecdote. Ils me disent : ''Moi aussi j’y ai joué'', ''J’en ai un chez moi'', ''J’y jouais avec mon grand-père'', ''À l’école''... Il y a donc une énorme audience potentielle. Tout le monde aime le baby-foot et l’esprit de compétition qui va avec. » Pour elle, la clé est de médiatiser la discipline afin d'attirer davantage de licenciés et, finalement, obtenir le statut sportif tant convoité. La Fédération espère des avancées prochaines, mais le chemin reste long.



