Réélu en mars dernier pour un second mandat à la tête de la petite commune d'Aiglun, Anthony Salomone, 46 ans, est sur tous les fronts. Ancien ingénieur au Parc naturel régional des Préalpes d'Azur, l'édile a récemment acté la sortie de sa commune du PNR. En cause, une gestion de l'eau qui ne le satisfait pas. Entre une actualité chaude et la gestion de son village, celui qui est désormais conseiller en développement durable n'a pas le temps de s'ennuyer. Son engagement est essentiel : « On ne doit jamais oublier de servir la cité et le citoyen ».
Un plébiscite pour le maire
Vous avez été réélu avec 100 % des voix et 68,29 % de participation : c'est un plébiscite ? Les habitants sont impliqués fortement dans leur vie locale, ils aiment vraiment leur pays, et donc ils sont attachés à être bien représentés. Leurs représentants doivent être à l'écoute de leurs désidératas et les prendre à bras-le-corps.
La proximité, clé de l'engagement citoyen
Comment garde-t-on les habitants concernés par les élections, par la vie politique de la commune ? Cela passe par plein de choses : être là, déjà, les croiser, leur parler. C'est de la proximité, du relationnel. Chaque citoyen est important, chaque citoyen a quelque chose à dire, même si on ne peut pas être d'accord à chaque fois. Nous avons mis en place des comités consultatifs qui permettent, contrairement aux commissions, d'avoir d'autres personnes que des élus dans ces débats. Donc les habitants peuvent saisir n'importe quel comité consultatif et, derrière, cela crée du dialogue.
Les projets pour le nouveau mandat
Quels sont les projets pour le futur mandat ? Le plus urgent, c'est la démolition d'une ruine et la réfection d'une route en bas du village, afin de l'élargir parce qu'elle commence à s'effondrer, emmenant la ruine avec elle. Donc c'est une opération double, où derrière, l'idée est d'élargir la route, avec des gros blocs pour la consolider, afin que l'accès au bas du village puisse perdurer. La ruine, on va en démolir une partie ou deux, on ne sait pas trop encore, ce sont les études qui vont le dire. Puis, on a le projet d'une salle communale à dimension du village, qui permettra d'avoir des mariages, des activités l'hiver, des lotos, etc.
L'auberge rénovée, un pôle central
Quid de la rénovation de l'auberge ? Elle est complètement rénovée. Nous avons trouvé des gérants, Larissa et Sergueï, présents depuis un an. L'auberge dispose de 30 couchages, 70 couverts, c'est le pôle central de la commune.
Pourquoi quitter le Parc naturel régional ?
Votre municipalité a récemment décidé de quitter le Parc naturel régional des Préalpes d'Azur : pourquoi ? Il y a un projet de charte qui ne nous convient pas du tout. Ce sont de grandes généralités. Certaines communes sont en concurrence avec nous. À un moment donné, il faut que l'on se réunisse. Parce qu'on partage les mêmes valeurs et pour que l'on ait un vrai projet de territoire.
Les griefs concrets contre le PNR
Qu'est-ce qui ne vous plaît pas, concrètement ? Les projets ne correspondent pas à la réalité du territoire : le PNR ne nous a pas soutenus dans l'obtention des 35 litres par seconde aux droits des sources, il y a une absence d'indication des changements de l'itinéraire sur la marche alpine, de soutien direct dans le développement de l'économie locale, de résultats sur la jauge de la limite de la fréquentation des canyons, du retard dans la mise en place des projets signalétiques, une augmentation des adhésions et des baisses de subventions, etc.
La sécheresse et la gestion de l'eau
Le département est récemment passé en alerte sécheresse… On est en train de dire à tout le monde de limiter sa consommation d'eau. On voit que les débits de la rivière, de la cascade et des sources ne se reconstituent plus en adret (versant exposé sud). Une des conséquences peut aussi être le surprélèvement dans d'autres nappes, mais je ne peux pas le prouver.
Le bilan de la forteresse troglodyte restaurée
Le chantier de restauration de la forteresse troglodyte s'est achevé mi-mars : quel est le premier bilan ? C'est d'abord le sentiment de fierté des habitants d'avoir un tel patrimoine, qui reflète l'histoire de la frontière entre le Royaume de France et la Savoie. Il y a aussi le fait que ça amène un public qui s'oriente vers la connaissance du territoire, pas seulement pour venir consommer notre territoire. Du coup, cela valorise notre histoire, notre identité. Cela représente une dizaine de visiteurs par jour, ce qui permet aussi de faire vivre notre auberge.
Concilier tourisme et cadre de vie
Comment concilier tourisme et cadre de vie ? En ayant des règles précises : on se gare là, telle zone est interdite d'accès, etc. C'est une organisation de l'espace, une surveillance. On travaille bien avec la gendarmerie, elle est très efficace. Ce qui ne coûte pas cher, c'est ce qui permet d'éviter que ça coûte cher.
Une visite royale à venir
Une visite royale est prévue à Aiglun… Oui, nous aurons la chance d'accueillir prochainement Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco. C'est un très bel événement qui devrait se réaliser d'ici à 3 mois.
Ses 3 priorités
- L'obtention des 35 litres/seconde : C'est la priorité absolue. Nous sommes à 10,5 litres. Il faut respecter l'étude environnementale.
- Préservation du cadre de vie : Notre commune n'est absolument pas fermée aux visiteurs, bien au contraire. Ce que nous souhaitons, c'est un tourisme durable, raisonné.
- La salle communale : C'est un beau projet pour rassembler tous les habitants du village.



