La romancière Agnès Ledig a annoncé, dans une lettre ouverte adressée au président de la République, qu'elle restituait sa médaille de la Légion d'honneur. Motif : son opposition à la loi d'urgence agricole, adoptée en février dernier, qu'elle estime « destructrice pour l'environnement et les conditions de vie des agriculteurs ».
Une décision mûrement réfléchie
Dans son courrier, l'auteure de best-sellers comme Juste avant le bonheur explique : « Pour garder mon honneur, je vous rends ma légion. Je ne peux pas accepter une décoration qui récompense des œuvres de paix et de culture alors que votre gouvernement encourage une agriculture intensive, polluante et contraire à mes engagements. »
Elle précise avoir attendu plusieurs semaines avant de prendre cette décision, espérant une modification du texte. La loi, présentée comme un soutien d'urgence aux agriculteurs, assouplit notamment certaines normes environnementales et accélère les procédures d'installation de méga-bassines.
Une protestation symbolique qui fait écho
Le geste d'Agnès Ledig a été salué par plusieurs associations écologistes. Selon un communiqué de Greenpeace France, « c'est un signal fort envoyé au gouvernement. La société civile ne se laisse pas acheter par des honneurs quand l'avenir de la planète est en jeu. »
De son côté, le ministère de l'Agriculture n'a pas encore réagi officiellement. Toutefois, une source proche du dossier indique que « les décorations sont un choix personnel, et chacun est libre de ses convictions ».
Un précédent dans le monde culturel
Agnès Ledig n'est pas la première personnalité à rendre sa Légion d'honneur. En 2018, le philosophe Edgar Morin l'avait restituée pour protester contre la politique migratoire. Plus récemment, le réalisateur Christophe Honoré avait refusé la sienne. Mais c'est la première fois qu'une romancière le fait pour des raisons agricoles.
La loi d'urgence agricole, adoptée par l'Assemblée nationale avec 289 voix pour et 213 contre, comporte 42 articles. Elle prévoit notamment des dérogations aux règles sur les pesticides et l'irrigation, suscitant une vive opposition des ONG environnementales.
En rendant sa médaille, Agnès Ledig espère attirer l'attention sur ces dérogations. « Je ne suis pas une politique, mais une citoyenne qui croit que chaque geste compte », écrit-elle dans sa lettre.



