Connue pour ses formations dans l’image et le son, l’école 3iS de Bordeaux développera à la rentrée 2026 sa filière spectacle et événementiel, avec un bac+3 de régisseur général. « La région Nouvelle-Aquitaine est un pôle culturel majeur. Il y a entre 800 et 900 festivals, 600 lieux de diffusion professionnelle. Les profils d’exécution sont présents, mais le secteur a un vrai besoin de profils d’encadrement. C’est pour ça que le métier de régisseur général est désormais classé comme métier en tension », présente Géraldine Rabier, directrice générale du campus de l’Institut international de l’image et du son (3iS) de Bordeaux.
Anglais technique
Alors, pour répondre à la demande du marché, l’école ouvrira en septembre prochain un bac+3 de régisseur général, pour apprendre « le management d’équipe, le pilotage et la direction » dans les milieux du spectacle vivant et de l’événementiel (SVE). Cette nouvelle formation vient compléter l’offre existante, composée d’un titre de technicien du spectacle, accessible dès l’âge de 16 ans et sans le bac, et d’un bac+2 de régisseur technique, tous deux en alternance. « Nous sommes les seuls en Nouvelle-Aquitaine à proposer la verticale : niveau 4, niveau 5 et niveau 6 », met en avant la directrice.
Des cours de lumière, de son, de vidéo, de machinerie, d’analyse de spectacle, de maintenance…
Au programme, des cours de lumière, de son, de vidéo, de machinerie, d’analyse de spectacle, de maintenance, de mécanique, d’enregistrement et de l’anglais technique pour connaître le vocabulaire. « Savoir parler anglais et avoir le permis de conduire est impératif dans ces métiers », souligne Pierre Tabel, référent pédagogique. « Quand vous êtes technicien ou régisseur, pratiquement tous les jours, vous allez être en relation avec des gens qui parlent anglais. Si vous travaillez au Rocher de Palmer, à Cenon (33), où il y a au moins quatre concerts par semaine, trois soirs sur quatre, ce sont des compagnies ou des tournées étrangères. »
Pierre Tabel est issu du monde professionnel. Musicien dans le metal, il a aussi été directeur technique d’une salle de concert, la Nef, à Angoulême (16), et régisseur pour le festival des Nuits atypiques, à Langon (33), pendant dix-sept ans. Il a beaucoup voyagé et a des contacts partout en France. Pour sa cinquantaine d’étudiants, il sait mettre à profit son carnet d’adresses et sa fine connaissance du milieu quand il s’agit de trouver un employeur. « Je passe beaucoup de temps avec eux. C’est de la stratégie parce que le but, c’est de trouver la bonne alternance pour la bonne personne. Il faut que cela matche, comme on dit maintenant. » Il peut s’appuyer en plus sur les services des admissions et des relations entreprises de l’école.
Sérieux et discipline
À 3iS, les étudiants de la filière SVE sont formés à devenir technicien du spectacle et événementiel, régisseur technique et – seulement à partir de la rentrée 2026 – régisseur général. La différence entre ces trois métiers ? Les deux premiers sont axés sur l’exécution, alors que le troisième, c’est de la coordination, de la gestion d’équipe et de l’administration. Leur point commun ? « Une même exigence de pragmatisme, de sérieux et de discipline », ajoute Pierre Tabel. « Cela demande une bonne résistance à la pression, parce que, quand le spectacle est à 20 h 30, c’est 20 h 30. »



